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Alain Soral : rentrée 2012, partie 1

La conne du mois ; le Salafistfucking : nouveau concept en Occident ; récapitulatif de la situation Syrienne ; pourquoi les sionistes aident-ils aussi les islamistes ; Emmanuel Todd ou la trahison du clerc : qui qu’avait raison ? ; bilan des 100 jours de Hollande ; Mélenchon est-il Chaviste ?

« C’est bon. C’est peut-être un peu provo comme teeshirt, non ? Bon, je vais mettre un truc plus neutre.

C’est mieux. »

Bientôt plus de « con du mois » ?

Oui, parce que le « con du mois » m’a valu, la dernière fois, une plainte pour « injure et diffamation » de Louis Aliot. J’en avais parlé un peu la dernière fois. [cf. Entretiens de juin 2012 et décembre 2011]
Je vais peut-être en reparler rapidement. En fait, j’avais dit que c’était con de sa part, dans le cadre d’une action politique, puisqu’il est numéro deux d’un parti politique, de se rendre en Cisjordanie [JSS News, le 11 décembre 2011] avec un extrémiste sioniste proche de la Ldj [Michel Thooris] pour faire l’apologie de la colonisation de Cisjordanie qui, je le rappelle, est même condamnée par l’Onu. Et que ça n’apporterait rien au Front national de se mettre à dos, on va dire, les Français de sensibilité humaniste, plus les Français d’origine immigrée et musulmans. Je pense que ça s’est vérifié depuis, puisque je pense que cette hostilité affichée envers les musulmans a fait perdre Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, puisqu’elle a été battue de 112 voix [Philippe Kemel : 50,11 %, Marine Le Pen : 49,89], et que je sais par son entourage que c’est les vieux musulmans qui ne vont jamais voter qui se sont déplacés pour aller voter contre elle au deuxième tour.

Et par ailleurs, cette espèce de stratégie prosioniste qui correspond un peu à la sensibilité petite bourgeoise revancharde du Sud de la France a permis de faire élire l’avocat marron maître Collard qui s’est empressé de dire : un, qu’il ne rentrerait pas au Front, et deux, qui a même déclaré – on le mettra – qu’il détestait monsieur Le Pen.

Donc, j’avais fait de Louis Aliot le « con du mois ». Je pense que c’était totalement justifié. Ce n’est ni une injure ni une diffamation : c’est un constat.

Bon, après, on verra si la plainte va au bout. Mais si maintenant on va au tribunal quand on critique l’action politique d’un leader politique en période électorale, c’en est fini de la démocratie ! Enfin, on verra.

La conne du mois : Martine Laroche-Joubert

Oui, alors, j’ai choisi madame Laroche-Joubert. Je vais regarder un peu mes notes. Alors, j’ai appelé ça, c’est un nouveau concept, ça s’appelle le salafisme-fucking qui est le nouveau concept de la bourgeoisie occidentale qui consiste, en fait, à systématiquement se ranger du côté des takfiristes, c’est-à-dire des extrémistes musulmans qui haïssent l’Occident, la chrétienté et qui veulent revenir en arrière sur tous soi-disant nos acquis progressistes : droits des femmes, etc.

Alors, ce qui est marrant, c’est que toute la bourgeoisie occidentale est systématiquement derrière eux et les aide à prendre le pouvoir pour renverser – on l’a vu en Libye, on le voit en ce moment en Syrie – des régimes laïques qui protègent les minorités chrétiennes – c’est très important –, en général qui promeuvent les droits des femmes ; chez Kadhafi, c’était notoire. Et alors, du coup, comme Martine Laroche-Joubert est l’héroïne, la grande défenderesse des rebelles, ce qu’elle appelle les « rebelles », qui ne sont jamais que des mercenaires stipendiés, des voyous payés par le Qatar pour crier « Allah akbar ! » chaque fois qu’il y a une caméra qui se présente devant eux et faire passer les musulmans aux yeux des masses occidentales pour des dingues, des arriérés et des assassins sanguinaires.

Donc, je demande à madame Laroche-Joubert si elle est totalement stupide ou totalement stipendiée. Et si elle a envie demain, finalement, d’être lapidée, de ne plus pouvoir conduire une voiture comme en Arabie saoudite qui je le rappelle est une dictature au sens des droits de l’homme et de nos critères.

Donc, ce mois-ci, la conne du mois sera Martine Laroche-Joubert pour essayer d’aider à mettre en place un régime qui l’enverrait, à mon avis, qui provoquerait déjà la perte de ses acquis sociaux et qui pourrait même la mettre en danger en tant que divorcée, mère d’Alexia Laroche-Joubert, je le rappelle,qui fait des émissions satanistes pour Endemol. Enfin, voilà.

Je pose la question aujourd’hui de ce salafisme-fucking généralisé de nos élites occidentales. Est-ce que vraiment ça leur plait de mettre partout en danger la communauté chrétienne d’Orient et d’aider partout à ce que soient mis en place des régimes totalement hostiles à l’Occident, tout en nous disant par ailleurs que le salafisme et l’islam radical est la chose la plus dangereuse pour le monde ? Si c’est si dangereux, pourquoi est-ce qu’ils font tout pour mettre ce genre de régimes en place, en Tunisie, en Égypte, demain en Algérie, hier en Libye et peut-être demain, malheureusement, en Syrie ?

C’est une vraie question à poser. C’est un nouveau concept fort, le salafisme-fucking de nos élites. Il va falloir qu’on m’explique si c’est de la schizophrénie, de la stupidité ou de la haute trahison.

Martine Laroche-Joubert, donc, ça sera la conne du mois, ce mois-ci.

Et d’ailleurs, la famille Laroche-Joubert est une grande famille. Mais en fait, elle n’est Laroche-Joubert que par la cuisse. Comme par hasard, un peu comme toutes nos élites traîtres à la nation, elles est née au Maroc et son nom de jeune fille, c’est Gabarra. Il faudrait chercher. Donc, voilà. Je vais finir sur cette petite rubrique de la « conne du mois » : Martine Laroche-Joubert.

Ce qui n’est pas de la diffamation, de l’injure. C’est totalement argumenté. C’est un constat soit de stupidité soit de… Rappelez-vous ma fameuse citation : « Un journaliste, c’est un chômeur ; un journaliste qui travaille, c’est une pute ».

Et là, on touche effectivement chez ces femmes physiquement agréables qui ont accédé à la haute bourgeoisie par la cuisse, à ce que le sociologue Michel Clouscard, qui a été mon maître, un grand sociologue marxiste, appelait le « semi-prostitutionnel » comme catégorie du culturo-mondain et ce qu’il appelait, quand il réfléchissait à cette poussée dans les années soixante-dix de ce genre de femmes, ce qu’il appelait les « putains culturelles ». Ce n’est pas de moi, c’est de lui.

[Michel Clouscard, Le Capitalisme de la séduction – Critique de la social-démocratie, Éditions sociales 1981]

Syrie : récapitulatif de la situation(leçon aux salafistfuckers)

Oui, moi, je dis depuis le début, quel que soit l’épilogue de l’affaire syrienne et quel que soit la critique qu’on peut porter sur un régime autoritaire de type national et social qui était le baasisme syrien, qui n’était pas un régime gentil mais qui correspond à la réalité, à la réalité politique de tous les pays du Moyen-Orient, que ce soit. Ce sont des pays où il faut un leader qui d’une poigne de fer, maintient une cohésion ethnico-confessionnelle en général un peu en férocité. Et c’est admis, à la limite, par tous les clans, quelque part. C’est un peu à l’ancienne. S’il n’y a pas ce genre de leader et de structure puissante, le pays éclate, comme a éclaté le Liban, comme a éclaté l’Iraq, comme a éclaté la Libye et comme éclatera la Syrie si l’Empire arrive à aller au bout de son projet de destruction.

Donc, une fois qu’on avait bêtement critiqué l’autoritarisme du baasisme alaouite syrien, finalement avec une vision coloniale et colonialiste, c’est-à-dire de vouloir importer dans un pays qui n’a rien à voir avec le nôtre, une région qui n’a rien à voir avec la nôtre historiquement, religieusement, etc., nos petits principes de démocratie de marché et d’opinion, ce qu’on appelle « la démocratie » – donc c’est du colonialisme épistémologique – , mais une fois qu’on est honnête, on savait qu’il vaut mieux Assad que quoi que ce soit d’autres, si on veut que la Syrie reste un pays assez prospère, multiconfessionnel, laïque et qui protège dans une espèce de consensus ses minorités, où il n’y a pas trop de bain de sang, où il y a un niveau de vie assez élevé. Et ça, c’était mon analyse.

Or, le système, l’Empire nous a présenté un régime dictatorial sanguinaire – ce qui est relativement faux – qui écrasait l’ensemble de sa population – ce qui est faux, et sa population se révoltait pacifiquement par des manifestations de rue qui étaient réprimées dans le sang. C’était totalement faux.

En réalité, c’était des groupes d’extrémistes sunnites manipulés de l’extérieur au départ, qui faisaient de la provocation sanguinaire en attaquant des postes de police et en décapitant des policiers pour pousser le régime à la répression, avec derrière les médias occidentaux qui étaient là pour mentir et pour montrer la réaction à l’action. Petit à petit, il s’est fait jour que c’était de moins en moins des manifs armées d’extrémistes syriens sunnites. C’était de plus en plus, importés de Libye, payés par le Qatar sur une idéologie saoudienne, avec des conseillers militaires israéliens, anglais, américains, français et turcs, finalement des djihadistes sur le modèle Al-Qaïda, d’une internationale djihadique entièrement sous contrôle, quand on regarde les médiations, de l’Empire américano-sioniste, pour foutre en l’air un des derniers régimes, on va dire une des dernières Nations arabes issues de la décolonisation. Il faut le savoir.

Et que finalement, tout ça correspond à un calendrier général impérialiste et impérial : l’Iraq, c’est fait ; la Libye, c’est fait ; et maintenant la Syrie. Toutes ces nations arabes issues de la décolonisation, pour les faire éclater en petites entités ethnico-confessionnelles, les faire passer au niveau sociétal sous la coupe du salafisme le plus brutal, le plus violent et le plus rétrograde selon nos critères, ce que j’appelle moi. Je dis que c’est la version arabe de ce que j’avais décrit, moi, déjà, comme ce qu’on appelait le « libéralisme sécuritaire ». [cf. Conférence de mai 2007 « Du libéralisme libertaire au libéralisme sécuritaire »]

Parce qu’il faut savoir que l’Empire, après le laboratoire qu’a été l’Iraq, d’essayer de faire passer l’Iraq de force à la démocratie comme d’ailleurs ils l’avaient fait avant pour l’Afghanistan, a compris qu’il valait mieux laisser le sociétal à un islam radical rétrograde, puisque finalement, c’est un régime autoritaire qui maintient, au nom de la charia, le petit peuple sous une dictature militaire et morale à condition, c’est un partage de pouvoir, que le macroéconomique soit laissé à la Banque et à Wall Street.

Et là, on le vérifie, puisque j’ai des documents qui me prouvent qu’en Tunisie, alors que la Tunisie était sortie des emprunts bancaires depuis 2007, la Tunisie vient de recontracter un énorme emprunt inutile et non-nécessaire de fausse monnaie.

Et donc, nous avons dans tout le monde arabe des révolutions voulues par l’Empire américano-sioniste dans l’intérêt de la Banque, c’est-à-dire de l’hégémonie du dollar, sur le dos des peuples et de leurs acquis, avec une alliance perverse passée soit avec les Frères musulmans soit avec les salafistes les plus extrémistes qu’on appelle les takfiristes, pour produire une société libérale-sécuritaire où le pouvoir via l’armée est à l’Empire américano-sioniste puisque à chaque fois, les armées sont armées et encadrées par les Américains.

C’est ce qui fait d’ailleurs la différence avec la Syrie qui est armée par les Russes.

Et donc, on a, en fait, une société autoritaire pilotée en douce, via la répression militaire, par les Américains, qui est obligée de bouffer du faux dollar de force, et pour maintenir un semblant d’autonomie nationale et surtout une paix du petit peuple, une police des mœurs confiée dans un partage pervers aux extrémistes musulmans. Et c’est ça qui est entrain d’être importé, en ce moment, en Syrie. C’est ça qui a été fait en Libye.

Et c’est ça que découvrent les idiotes comme Laroche-Joubert aujourd’hui en Tunisie, puisqu’on se plaint qu’un de nos Franco-tunisiens, représentant politique, s’est fait passé à tabac là-bas.

Les experts sérieux, que ce soit Lugan, les gens des services français encore sur une ligne authentiquement gaulliste, l’avaient prévu, le savaient.

Tout ça est une saloperie de l’Empire américano-sioniste qui se fait sur le dos des petits peuples musulmans, qui se fait sur le dos des minorités chrétiennes d’Orient, qui se fait sur le dos de l’image de la France au Moyen-Orient et qui achève de détruire toute l’image de marque positive qui était la nôtre – et à juste titre – grâce à la parenthèse gaullienne, et qui en dernière instance pousse à la haine les musulmans et les chrétiens, et est en dernier instance l’intérêt de l’Israël bien compris avec un grand « I », de l’Israël éternel.

Pourquoi les sionistes aident-ils les islamistes ?

Pour digresser sur cette étrange stratégie de nos élites de systématiquement favoriser la venue au pouvoir d’extrémistes musulmans dont un des marqueurs est d’être absolument haineux envers la chrétienté, il faut parfaitement articuler ça avec le sionisme. C’est les sionistes qui en dernière instance ont intérêt à pousser à la haine entre chrétiens et musulmans, c’est-à-dire favoriser un certain islam extrémiste, takfiriste, haineux de la chrétienté, pour que les chrétiens en retour aient la haine des musulmans.

Et on voit très bien les conséquences que ça peut avoir, notamment en France, sur la réconciliation nationale, et l’intérêt que ça a pour les sionistes de tirer leur épingle du jeu – comme toujours – du « diviser pour régner », et de finalement aider à un nettoyage ethnique antichrétien au Moyen-Orient pour se retrouver seuls face à des islamistes radicaux qu’ils auront entièrement payés en douce via les États-Unis pour les mettre en place, pour justifier après effectivement toute leur politique agressive et de se présenter comme ils le font déjà sur les autobus américains comme l’« avant-garde » de la civilisation face à la sauvagerie ; cette sauvagerie qu’ils payent, qu’ils mettent en place et qui n’est jamais, dans ce masque de Janus, que leur face cachée.

Et d’ailleurs, là-dessus, je vais en profiter pour lire un extrait de Bainville dont j’ai fait la promotion la dernière fois pour son Histoire de France [cf. « Les vacances avec Kontre Kulture », ERTV, juillet 2012], que je vais sortir de cet excellent bouquin qu’on va rééditer bientôt, Le monde contre soi [Paul-Eric Blanrue, Le monde contre soi, Éditions Blanche, 2007]. Voilà ce que disait Bainville du sionisme en 1937. C’est posthume d’ailleurs. Il est mort en 1936 :

« Le sionisme allumera sans doute en Palestine une hideuse guerre de religions : encore un de ces progrès à rebours que les traités auront valu au genre humain. L’Observatore Romano – donc le Vatican – signale, parmi les immigrants juifs qui arrivent en nombre, des fanatiques qui parlent de détruire les reliques chrétiennes. Ce n’est pas tout. Avec la guerre religieuse, le sionisme apporte la guerre sociale. Les Juifs venus de Pologne, de Russie, de Roumanie, réclament un partage des terres et l’expulsion des indigènes. Monsieur Nathan Strauss, le milliardaire américain – finalement comme Netanyahou – dit crûment que “les musulmans trouveront d’autres régions pour vivre”. Admirable moyen de réunir, en Asie Mineure et même plus loin, tout l’Islam contre l’Occident. »

Voilà. Ça c’est une phrase prophétique de Bainville qui montre bien qu’un des aspects du sionisme qu’il ne faut pas oublier, c’est de pousser à la haine des chrétiens dans le monde arabe.

N’oubliez pas que le monde arabe, avant le sionisme, était une terre de coexistence des trois monothéismes abrahamiques, c’est-à-dire Islam dominant, mais judaïsme et christianisme. C’est encore le cas en Syrie, cette Syrie que madame Laroche-Joubert essaie de détruire. On a le problème des coptes, des minorités coptes aujourd’hui en Égypte, à cause du même processus. Et on a eu la même chose d’ailleurs dans l’Iraq de Saddam Hussein. N’oubliez pas que Tarek Aziz était un ministre chrétien.

Et systématiquement, un des buts et des conséquences du sionisme – c’est les deux –, c’est la destruction du monde chrétien. Il ne faut pas oublier ça.

Et finalement, chaque fois que je réfléchis à l’Histoire, la vraie haine du sionisme pris au sens le plus mythique du terme, c’est la haine du christianisme et du christianisme authentique qui est d’abord le catholicisme et ensuite la religion orthodoxe. On ne parlera pas de la religion réformée qui, elle, a été, malgré les écrits de Luther, a été totalement rachetée et retournée progressivement pour devenir finalement une antichambre et un judaïsme de substitution.

Arrêt sur images du 27 avril 2012 : Todd ou la trahison du clerc

Entretien de mai 2012

Alain Soral – Et surtout, je dis qu’après le déshonneur qui est son face-à-face avec Philippot, qui à mon avis marque, qui pour moi est quelque chose d’important – on le ressortira –, je pense qu’il y a le ridicule qui va lui tomber sur la gueule, bientôt. Parce que quand il prétend en plus que le Front national est fini parce que « Hollande a réussi à réconcilier la gauche avec le mouvement ouvrier », (…) il faut être un sociologue stupide ou un menteur, un malhonnête et un lâche, pour jouer ce petit jeu. Et surtout, quand on voit ce que Hollande va prendre dans la gueule et ce qu’il va faire dans les mois qui viennent, je pense que Todd, là, a mangé son pain blanc. Il va vraiment se ridiculiser. Voilà.

Alain Soral – Eh ben, il se passe exactement ce que j’avais prévu. Donc, c’est bien de. Finalement, ce qui fait la qualité de mes interventions, c’est qu’il y a toujours une prise de risque quand on spécule sur un fait ou qu’on annonce quelque chose. Après, on voit si c’est avéré ou pas, parce qu’il y a quand même ce que Lénine appelait « l’éternel retour du concret », il y a le réel, les faits. Et je me positionne surtout par rapport à un demi-escroc qui est Emmanuel Todd qu’on peut déjà attraper par l’oreille : Todd le tricheur et Todd le menteur. Je crois qu’il parlait de « socialisme révolutionnaire » à propos de Hollande.

ERTV – « Hollandisme révolutionnaire ».

[Emmanuel Todd : « Je parie sur l’hollandisme révolutionnaire ! », Le Nouvel Observateur, tempsreel.nouvelobs.com, le 4 mars 2012]

Alain Soral – « Hollandisme révolutionnaire » en disant que Hollande ne nous referait pas le coup de Mitterrand. Je ferai remarquer que Mitterrand, pour passer à la rigueur, a attendu deux ans. Hollande a attendu deux semaines. Et on vérifie exactement ce que j’avais annoncé. C’est que Hollande n’a aucun pouvoir politique. Il est dans les mains effectivement de l’oligarchie européenne, bancaire et mondialiste. Toutes ses prises de positions sont des prises de positions de soumission à la logique bancaire. Ses positions en politique étrangère sont exactement dans la continuité de la trahison sarkozyste.

[« François Hollande, premier chef d’État étranger à rendre hommage à Yitzhak Shamir », JSS News, jssnews.com, le 1er juillet 2012] [« France-Bahreïn : quand Hollande reçoit un dictateur », Le Point.fr, le 6 août 2012]

On est dans cette alternance bonnet blanc, blanc bonnet où deux choses : on voit que pour faire de gauche, la seule chose que peut faire Hollande sans rien toucher aux lois européennes, à la domination bancaire et à l’alignement de la France sur l’impérialisme américano-sioniste, la seule chose qu’il peut faire, c’est créer des postes de fonctionnaires, donc, faire de la dette ; ce qu’il va faire un petit peu.

Deuxièmement, pour compenser, aller chercher l’argent ailleurs, persécuter fiscalement les classes moyennes – ce qui est écrit et qui va arriver –, alors que les classes moyennes sont la classe productive et la classe démocrate, on le sait à travers toutes les études. Et quand on touche la classe moyenne, on met vraiment un pays en danger.

Et le plus tragique, c’est que pour cacher tout ça, pour cacher son impuissance sociale et son ralliement à la droite sociale, il fait du sociétal à travers une petite ministre idiote qui est par ailleurs un petit agent marocain, [Najat Vallaud-Belkacem] qui veut – d’ailleurs c’est marrant –, comme toutes les anciennes demi-mondaines de la politiques, veut interdire la prostitution ou la criminaliser. C’est un peu Marthe Richard, vous savez, l’ancienne pute qui a fait fermer les bordels. C’est-à-dire qu’enfin, ça c’est une petite remarque amusante. Et bon, et donc, c’est effectivement la seule chose que nous promet finalement Hollande pour ce qui est de la gauche : c’est le mariage homosexuel et l’adoption par les couples homosexuels, c’est-à-dire finalement quelque chose qui revient à terme à une banalisation de la pédophilie.

Donc, il n’y a pas de quoi s’extasier sur les premiers cent jours de Hollande. On sait déjà comment tout ça va continuer.

Mélenchon va faire son numéro de critique « à la gauche de la gauche » pour donner l’impression qu’il y a une opposition de gauche. Ça sera du théâtre.

Sans doute va-t-il être lâché progressivement par les écologistes, etc., etc., etc. Donc, il va se retrouver de plus en plus isolé.

Et déjà Sarközy, on l’a totalement oublié au bout de cinq ans. On se rend compte que c’était un faux président. On nous avait parlé d’« omniprésident ». Mais en fait, c’est un ectoplasme. Il n’a jamais rien fait finalement que parler. Et il n’a jamais infléchi quoi que ce soit des diktats de l’Union européenne, de la Banque mondiale et des directives de l’Otan. En fait, il n’a jamais rien fait, il faut être honnête. On ne peut même pas dire qu’il ait fait quelque chose de négatif, il n’a jamais rien fait.

Et Hollande est exactement dans la même position de l’impuissance politique totale. De toute façon, il a le physique de l’impuissance politique. Il faut s’en rendre compte. Il ressemble aujourd’hui à ce qu’il est, c’est-à-dire finalement presque je dirais un exutoire, presque un épouvantail, l’homme qu’on pourra critiquer parce qu’effectivement, finalement, les politiques sont là pour qu’on les insulte et qu’on les critique, pour que les banquiers puissent se cacher derrière, le grand Capital puisse se cacher derrière, les agents d’influence puissent se cacher derrière. Et je ne sais pas comment il va faire pour tenir cinq ans. C’est à peu près la question.

Mais ça permet de démasquer, déjà, la malhonnêteté ou la stupidité d’un Emmanuel Todd. C’est-à-dire que plus la température monte, plus il faut être courageux pour oser dire la vérité sur le plan critique, et ne pas parler d’Hitler comme le fait Todd à chaque fois, en sautant des médiations, comme si l’Union européenne amenait à Hitler, comme si c’était la même chose, ce qui est une malhonnêteté totale.

Et plus ça va, plus les demi-analystes, les demi-clercs, les demi-honnêtes hommes se retrouvent finalement face à leurs mensonges et à leur malhonnêteté.

Et Todd, à mon avis, ça va être difficile pour lui de revenir avec le ridicule de l’« hollandisme révolutionnaire ». Il n’y aura pas d’hollandisme révolutionnaire. Todd ne pouvait que le conclure avec ses analyses qui ont précédé pendant un an la présidentielle et qui l’amenaient finalement au vote Marine Le Pen. Et donc, s’il ne l’a pas vu, c’est que c’est soit un gros malhonnête soit que c’est un énorme crétin. Voilà.

Mélenchon, défenseur de Chávez ?

Oui, alors ça, c’est un petit truc que j’aurais pu oublier parce que c’est un peu déprimant. Mais nous, on avait rencontré Chávez, avec Dieudonné à Damas, d’ailleurs à l’époque [Voyage au Liban et en Syrie, 2006].

Chávez, Assad sont la main dans la main parce qu’ils sont des résistants à l’Empire. Donc, pour ceux qui critiquent Assad en faisant semblant de soutenir Chávez, ce sont des tartuffes dont d’ailleurs Mélenchon.

Et on avait rencontré Chávez à Damas. Et il nous avait dit de venir le voir à Caracas. Il y a eu après une espèce de tir de barrage des gens qui gèrent son image pour l’Occident et qui sont toujours malheureusement ces faux types de gauche, ces socio-traîtres professionnels qui sont les trotskystes. Et donc, ces réseaux trotskystes, en fait, font semblant de faire la promotion de Chávez et en fait le diabolisent en douce, empêchent les nationalistes révolutionnaires, les gens qui sont sur les mêmes valeurs que lui, d’accéder à lui et de faire intelligemment sa promotion.

Et cerise sur le gâteau, Mélenchon, pour se faire passer pour un type de gauche, est reçu par Chávez qui malheureusement ne connaît pas très bien le dossier européen. Et là, je fais remarquer que c’est tragique que Chávez reçoive Mélenchon, comme si Mélenchon pouvait se réclamer du chavisme, alors que sur tous les points essentiels, ils sont en totale opposition.

Je rappelle que Chávez est un militaire, ce qui n’est pas du tout le cas de Mélenchon. Avec Mélenchon, on est dans le gauchisme. Que Chávez est un nationaliste. Je rappelle que Mélenchon est un internationaliste issu de l’OCI [Organisation communiste internationaliste fondée en 1965 par Pierre « Lambert » Boussel], c’est-à-dire du lambertisme trotskyste qui est sans doute l’officine néomarxiste la plus antinationaliste qui existe. Que Mélenchon est un maçon du Grand Orient, c’est-à-dire un antipopulaire forcené et surtout, un anticatholique hystérique, alors que Chávez s’appuie sur les petits prêtres catholiques d’Amérique du Sud et est un promoteur de la théologie de la libération. C’est un militaire, un nationaliste, un anti-impérialiste et un catholique. Et tout ça, c’est le contraire de ce qu’est Mélenchon, je dirais le Mélenchon d’apparence et le Mélenchon profond.

Et c’est tragique que Chávez, à cause d’un entourage pervers, se fasse manipuler et donne des brevets de révolution bolivarienne à un type comme Merluchon qui est un guignol et un faux type de gauche.

Et d’ailleurs, je n’ai pas besoin de dire du mal de Mélenchon. Je pense que Mélenchon, celui qui en parle le mieux, c’est Maxime Gremetz [PCF].

Maxime Gremetz était le seul député d’origine ouvrière. C’était un authentique communiste de la tendance Marchais. Il a été totalement marginalisé par des tas de coups fourrés dégueulasses, etc. C’est un type à qui va mon respect. C’est pour ce genre de type que j’ai été au Parti communiste.

Et si on veut savoir qui est Mélenchon avec un discours authentiquement mélenchonien, parce que finalement Gremetz est un authentique homme de gauche issu du peuple. Mélenchon est un acteur. Et je pense que celui qui parle le mieux de Mélenchon, c’est Gremetz. On remettra – je n’ai même pas besoin de parler –, on remettra deux-trois extraits de ce que dit Gremetz sur Mélenchon. La vérité sur Mélenchon sort de la bouche de Gremetz. Et c’est une vérité de gauche. Il faut toujours. Les menteurs de gauche, il faut les doubler à gauche, jamais à droite. Donc, je finirais là-dessus.

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