Marketing

Facebook/Twitter : sur les réseaux sociaux, l’amour a un prix

Il est désormais possible (et facile) d’obtenir des milliers de “fans” en quelques clics pour une poignée d’euros. Mais pour quel résultat ?

L’idée n’est pas nouvelle, mais la pratique semble se banaliser au point de devenir un véritable marché, comme le prouve le volume des recherches Google sur ces thèmes:

les entreprises en mal de notoriété sur les réseaux sociaux peuvent de plus en plus facilement et pour des sommes modiques s’acheter des “fans” (Facebook), des “followers” (Twitter) ou de simples vues (YouTube). Ainsi, sur le marché français, on peut, par exemple, acheter en deux clics des packs de 1 000 à 50 000 fans Facebook (voire plus sur demande expresse du client).

Le prix varie ensuite en fonction du ciblage des clics : si l’on recherche uniquement à faire du “chiffre” et à gonfler son compteur, on se contentera de “packs internationaux” dont le coût varie entre 50 et 100 euros les mille (soit de 5 à 10 centimes d’euros le “like”). Pour une audience un peu plus ciblée, on pourra choisir de ne sélectionner que des internautes français, mais le prix double. Contacté par Le Point.fr, Maxime Montico, du site E@si-services.fr, nous explique que son agence a lancé un service de ce type cet été : “C’est un produit dont les gens sont… fans, c’est le cas de le dire. On joue sur cette popularité, sur l’engouement pour les réseaux sociaux. Les clients viennent d’ailleurs souvent racheter des packs.”

Trois méthodes pour obtenir des “J’aime”

Concernant le profil des acheteurs, il y a de tout, “du petit magasin de bricolage à une personne connue”. Yannick Deslandes, responsable du site Acheter-des-fans.com, lancé il y a un an jour pour jour, décrit lui aussi une clientèle hétéroclite, principalement des agences de communication qui utilisent ou revendent ensuite les “J’aime” dans des plans de communication plus vastes. Le reste des acheteurs est très diversifié : beaucoup de chanteurs et de DJ qui se lancent, mais aussi, plus surprenant, des notaires, des avocats, des architectes, des centres commerciaux, et même une célèbre comédie musicale.

Tous deux assurent n’utiliser “aucun moyen illégal” comme les scripts cachés qui engrangent des “J’aime” sans que l’utilisateur s’en rende compte. Ils assurent ainsi que leur système ne repose que sur de vrais comptes et n’est donc pas vraiment concerné par la guerre aux “J’aime” suspects récemment lancée par Facebook. Yannick Deslandes reconnaît toutefois qu’il s’agit “d’un jeu de chat et de la souris avec Facebook”. Concernant les méthodes pour obtenir ces “J’aime” artificiels de vrais comptes, les professionnels du secteur sont d’habitude très discrets. Mais le webmestre en question détaille pour Le Point.fr les trois principales méthodes : micro-rémunération au clic sur “J’aime” (de 1 à 2 centimes d’euros reversés à l’utilisateur), obligation de devenir fan d’une page pour accéder à du contenu (photo ou vidéo) et organisation de jeux-concours.

Pratique “limite”, efficacité discutable

Cependant, ces vrais comptes concernés par l’achat de “J’aime” ne vont pas interagir avec la page Facebook ou le compte Twitter suivi. Ces utilisateurs “achetés” ne valent donc pas les vrais fans qui vont, eux, participer à la vie du réseau social. Quel est alors l’intérêt de ces packs ? L’achat de “fans” peut en principe répondre à plusieurs besoins. Il permet d’abord de s’acheter une “crédibilité” à peu de frais : un acheteur potentiel aura spontanément plus confiance dans une entreprise qui a 2 500 fans que dans une autre qui n’en compte que 8. “Le monde attire le monde”, souffle Yannick Deslandes, presque pour se justifier d’une pratique qu’il juge “limite”, mais légitime : “Il est normal que les boîtes utilisent toutes les armes à leur disposition pour booster leur communication.” En outre, une présence accrue sur les réseaux sociaux permettrait indirectement d’améliorer le référencement (la visibilité d’un site sur les moteurs de recherche) et de générer un peu de trafic.

Mais l’efficacité reste limitée. La preuve ? Maxime Montico avoue de son côté ne pas utiliser cette technique lorsqu’il est chargé de créer un site ou d’améliorer le référencement d’un autre, sauf demande expresse du client. De plus, certains indices permettent de détecter les “tricheurs”. Un décalage entre l’origine géographique des fans et l’objet du groupe, une augmentation brutale de leur nombre ou des fans très nombreux et très peu d’interactions sont autant d’indicateurs d’une base artificielle de fans, achetés ou échangés. Après quelques clics seulement sur le célèbre réseau social, on tombe, par exemple, sur une page qui est passée de 94 à 2 243 fans en une semaine, dont la plupart habitent à Paris et ont entre 18 et 24 ans. Un artiste en vogue, un DJ branché ? Non, une entreprise de “remorques d’occasion” située dans une ville belge de 13 000 habitants.

Farafinet Media

L'actualité africaine, par les africains du continent.
Follow Me:

Related Posts

Laisser un commentaire