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Google et le comportement de l’utilisateur

Il y a bien longtemps que Google tente d’obtenir un maximum d’information concernant le comportement des utilisateurs sur son moteur de recherche et sur les sites web, ceci afin d’améliorer ses résultats en étant moins dépendant des liens.

La raison est simple, les liens sont largement manipulables alors que l’algo leur accorde beaucoup d’importance. Un point contraignant, car c’est la base du principe du Pagerank (le vrai, pas le TBPR). Google se doit donc d’incorporer d’autres repères.

A ce jour Google est même obligé de se payer des humains pour contrer les actions des référenceurs. Et rien n’est plus cher qu’un humain, même quand on fait de l’optimisation fiscale… Le comportement d’un internaute pour sa part est très révélateur et moins influençable par les SEO.

 

Pourquoi prendre en compte le comportement des utilisateurs ?

Les actions effectuées par les utilisateurs, lorsqu’ils recherchent sur Google, lorsqu’ils surfent sur un site, lorsqu’ils utilisent des applications de Google, sont largement moins aisées à manipuler que les liens entrants ou l’optimisation interne d’un site.

À partir de ses actions, Google peut déduire des milliers de choses, par exemple :

  • Si vous avez aimé ou pas un résultat : Avec le traditionnel taux de retour. Je tape une requête, je clique sur un résultat, je reste 1 seconde et je reviens dans la SERP pour chercher d’autres résultats avec la même requête. Il y a de fortes chances pour que le premier résultat cliqué ne m’ait pas totalement satisfait.
  • Les clics sur des liens : Je visite une page, je clique sur un lien de cette page qui me mène sur un autre site, je reste un moment sur l’autre site, il y a donc des chances que ce lien soit pertinent (on en parlait ici).
  • Vos déplacements : Je cherche un magasin de bricolage ouvert le dimanche sur mon téléphone. Je visite le site du magasin. J’utilise ensuite Gmaps sur mon téléphone pour m’y rendre, il y a des chances que ce résultat m’ait plu.
  • Vos échanges de liens : Je négocie des échanges de liens avec un SEO en utilisant le navigateur Chrome pour voir ce qu’il me propose, je visite aussi le site de mon client, je  confirme notre deal au SEO en notant bien les URL dans mon email en utilisant Gmail, et 2 jours après, des liens sont faits entre les sites. Hop gaulé ! Nan, je serais parano ? Mais bien sûr, seule la NSA fait ça… Bon, elle s’aide quand même de Google
  • Ce que vous aimez : Je lis un article comme celui-ci, je le trouve très bien (j’espère…) je m’empresse de le partager sur Google Plus et je le tweete. Sans doute un signal positif pour celui-ci, non ?
  • Ce que vous achetez : Lorsque je vais jusqu’à la page de confirmation de paiement d’un site marchand, c’est que son offre convenait à mes attentes.
  • Qui sont vos relations : Quand j’échange sur Google+, il sait qui sont les personnes avec qui j’ai des interactions, même si celles-ci sont privées.

En analysant des milliers de comportements sur sa SERP et sur un site précis, en les comparant à des moyennes, en analysant les écarts ou relations avec les autres sites positionnés sur les mêmes requêtes, Google possède un volume de données considérable pour affiner ses résultats. Il sait aussi avec qui vous échangez, qui vous « aimez », quels sites ont votre faveur.

Peut-on tenter de manipuler ou simuler les comportements des internautes ?

On peut tenter de simuler des clics en utilisant un VPN (pour varier les IP), en changeant de navigateur, et des tas d’autres paramètres. Mais mettre en place ces actions de manière massive est long et couteux (et pas garanti).

En prime, ces actions peuvent être noyées dans le volume total de celles des vrais utilisateurs (pour de gros sites), ou bien au contraire sembler bizarres en terme de comportement en regard des actions des vrais utilisateurs sur de petits sites.

Dans cette vidéo, Matt Cutts donne même l’exemple ( à priori exceptionnel) d’un site pénalisé qui drainait beaucoup (trop ?) de trafic à partir de liens nofollow (spam de commentaires sur l’ancre « annon.tc » donc à priori non optimisée). On en déduit donc que ce n’est pas  un problème de jus lié au linking qui a gêné Google, mais le fait que cela impactait le comportement des utilisateurs.
Et pourquoi punir si cette manipulation du comportement des internautes n’avait pas gêné l’algorithme ?

Quels sont les critères de positionnement d’un site ?

Les référenceurs ont aujourd’hui à leur disposition des dizaines d’outils pour évaluer et croiser des milliers de données. Une grande partie traite des backlinks, mais d’autres abordent d’autres thèmes comme les réseaux sociaux ou l’optimisation Onpage par exemple.

Tous ces outils détectent, agrègent, compilent, analysent des milliers de données sans avoir le millième des moyens de Google. Sur simple achat d’une licence ou sur abonnement, les SEO ont accès à des données qui leur permettent de supputer sur des relations de cause à effet.

Que valent ces outils ? À mon sens, ils sont un bon début pour mener une analyse, mais aucun d’eux ne connait ou ne traite les centaines de critères utilisés par Google. D’ailleurs, la sempiternelle communication de Google sur ses plus de 200 critères m’amuse un peu.
Le moteur Russe Yandex admet déjà qu’il utilise plus de 500 critères. Et Google se « trainerait » à 200 ?

Comment Google peut-il analyser les actions des utilisateurs ?

Aujourd’hui, Google a à sa disposition un nombre ahurissant d’outils pour pister le comportement des internautes.

  • Le moteur Google Search : Sans doute le meilleur outil puisqu’il permet de savoir où se situent les internautes, ce qu’il recherchent à quelle heure, et même au-delà de chez eux quand ils l’utilisent sur un mobile. Avec 90% de la recherche effectuée en France avec cet outil Google enregistre des milliards de données sur nos habitudes et actions.
  • Le navigateur Google Chrome : Avec 28% d’utilisateurs en France ce méga mouchard envoie directement à Google tout ce que fait un utilisateur en terme de navigation.
  • Les statistiques Google Analytics : 39% de part de marché en France. Rien que ça ! Avec plus d’un tiers des sites français sur lesquels la moindre action est analysée, autant dire que l’échantillon est représentatif, gare à celui qui s’écarte des moyennes.
  • Google Plus : L’ancien désert se peuple doucement, mais surement. 11% des internautes français ont des comptes. C’est toujours ça de gagné en terme de complément d’informations à recouper avec d’autres.
  • Gmail : Dis-moi d’où et à qui tu écris et je te dirais qui tu es…  Bien sûr, on me rétorquera que ces informations ne sont pas nominatives, mais savoir qu’une IP est en relation avec d’autres IP très fréquemment est déjà une bonne indication non ? En parallèle, n’oublions pas que l’analyse des mails de spam identifiés comme tel et contenant des URL de sites est probablement très intéressante.
  • Le service de DNS de Google : Quels sites visitez-vous ? Vous n’avez pas Google Chrome et avez activé la navigation privée sur votre navigateur fétiche, pas grave, si vous utilisez ses DNS Google a quand même l’info.
  • Youtube : Que dire, c’est le service de vidéos le plus utilisé au monde. Il appartient à Google et tout ce que vous y faites est enregistré.
  • Google maps : Où souhaitez-vous aller ? Quand ? Google vous détaille votre itinéraire, c’est gentil. Il sait exactement où vous vous trouvez et même si vous téléphonez à une entreprise en ayant cliquez sur son numéro dans l’application.
  • Adwords : Là, on se passe de commentaires, Google sait ce que vous voulez vendre ou promouvoir en sachant qui vous êtes…
  • Les smartphones sous android : Vous venez tout juste de l’allumer, et pouf, Google sait où vous vous trouvez… Google adore les téléphones mobiles.
  • La signature de votre navigateur :  En 2010 déjà une étude démontrait que 84% des internautes sont identifiables avec la simple « signature numérique » de leur navigateur web. Et bien évidemment, Google la connait puisque vous utilisez ses services. Regardez donc chez Panopticlick pour voir si votre navigateur est unique en cliquant sur le bouton rouge « Test Me »
  • On arrête ? : Oui, on va s’arrêter là c’est déjà bien suffisant. Avec ça Google pourrait presque vous dire ce que vous avez pris au petit-dej et quelle est la couleur de votre cravate (j’ai dis cravate…), ce qui ne plait pas toujours (cf sanction de la CNIL du 3/01/2014)

Ca fait peur ?

Oui et non. En supposant que Google n’outrepasse pas ses droits, on pourrait dire que vos données servent juste à alimenter un profil qui mélangé aux autres donne des moyennes et des tendances. D’ailleurs, je ne souhaite pas aborder ici les questions relatives à la vie privée sinon mon article va faire 50 pages..

Le but de ces exemples est simplement de vous faire entrevoir à quel point Google peut utiliser bien d’autres données que les backlinks pour affiner le positionnement d’un site dans sa SERP en fonction d’une pelletée de paramètres longue comme le bras. Ces données engendrées par des actions des visiteurs étant peu manipulables.

Même s’il reste « anonyme », le comportement de vos visiteurs lorsqu’ils accèdent à votre site par un moyen ou un autre est extrêmement riche d’enseignement pour Google qui pourra en déduire la satisfaction de ceux-ci en regard de ce qu’ils ont cherché. De là à améliorer votre position sur cette requête ou à la faire baisser, il n’y a qu’un pas que Google franchit tous les jours.

A-t-on des preuves ?

Oui bien sûr. C’est ce que Google fait déjà au quotidien avec une info basique, une simple adresse IP.

Allez un exemple.

Je vous invite d’abord à vous déconnecter de votre compte Google si vous l’êtes.
Ensuite, faites le ménage sur votre ordinateur pour supprimer les cookies que Google a installés pour surveiller votre navigation depuis 18 mois (même si vous n’avez pas de compte Google).
De cette manière vous repartirez presque de zéro. Pour ceux qui voudraient faire cela plus vite régulièrement, voir comment supprimer les cookies de Google et autres.

Ensuite, testez les requêtes suivantes :

  • agence de communication
  • photographe

Remarquez-vous que même en dehors de Google adresses, vous avez un certain nombre de résultats personnalisés en fonction de votre géolocalisation ?

C’est typiquement l’exemple de résultats qui sont directement liés à vous en tant qu’internaute lambda habitant dans telle région. Cette personnalisation impacte directement le positionnement des sites en fonction de votre lieu de connexion.

Bien évidemment, cet exemple est basique, mais il démontre à quel point Google tient compte de l’utilisateur avant d’afficher des résultats.

Si vous vous connectez à votre compte Google, vous verrez de manière flagrante que les résultats que vous avez n’ont plus rien à voir avec l’internaute lambda. Voici pourquoi de nombreux clients de référenceurs ont souvent de fausses joies en voyant leur propre site en excellente position… quand ils sont connectés.

En conclusion

Google nous serine depuis des lustres qu’il faut faire des sites optimisés pour les visiteurs plutôt que pour lui. C’est un conseil judicieux, même si de nombreux référenceurs n’y voient qu’un discours langue de bois pour les détourner de raccourcis pratiques… pour le moment.

Je suis solidement convaincu que les actions d’un visiteur sur le web prendront toujours plus d’importance pour Google. Quand on voit que des smartphones fonctionnent aujourd’hui avec de l’eye-tracking, imaginez les possibilités de recueil de données supplémentaires !

On me dira que cela fait beaucoup de données à analyser, c’est vrai, mais Google fait justement partie de ces entreprises qui ont le plus de capacité à faire cela au plan mondial.
D’ailleurs, depuis les révélations de Snowden sur la NSA, on se rend compte que la gestion de milliards de données est parfaitement possible. La limite technique s’éloigne chaque jour.

Ah, quand même pour terminer :

Que pensez-vous d’un site d’avocat, de cuisiniste ou de comptable qui reçoit 20 nouveaux liens dans le mois sans avoir rien publié de nouveau, sans qu’aucun de ses contenus ne soit partagé, alors que c’est tout juste son nombre de visiteurs quotidien (20) ?
Ça vous parait naturel ? Ça ne s’écarte pas des moyennes ? Ne serait-ce pas des liens artificiels (factices) ? On semble pourtant loin des liens naturels dont je parlais précédemment.

En comparaison, sur ce blog qui touche une communauté qui linke beaucoup, j’ai reçu des liens de 4 nouveaux domaines seulement le mois dernier, pour du contenu récent, des centaines de partages sociaux, de nombreuses interactions en commentaires (qui triplent le volume de mes articles) et 25000 visiteurs ce mois là…

Je finirai par un un proverbe japonaiseo : Le clou qui dépasse appelle le marteau…

edit du 14 janvier : On continue… En rachetant NEST, Google pourra bientôt aller chercher directement de l’information dans la maison des utilisateurs

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