Politique

Oumar Mariko, en délirium tremens !

Incapable d’innover son discours et de l’adapter aux préoccupations de ses électeurs, le secrétaire général du parti Sadi n’a trouvé d’autres parades que de s’attaquer aux journalistes maliens au cours d’une mise en scène qu’il a appelée « meeting du MP22 » tenu samedi devant la radio « Kayira I » de Bamako. Mal lui en a pris. Comme un ivrogne en délire, Oumar Mariko cherchait ses arguments, et le cirque était d’un goût absolument déconcertant.

Il est des individus indignes de la démocratie, et qui peuvent bien se réjouir des libertés offertes par cette démocratie pour raconter des bêtises. Oumar Mariko en est un. Connu pour son discours haineux et son incapacité notoire à soigner son image auprès de ses compatriotes, le tonitruant député de Kolondiéba s’est trouvé un nouvel adversaire politique : la presse malienne, à qui, il n’a jamais pardonné de dénoncer le coup d’Etat du 22 mars 2012. Pour lui, refuser de soutenir un farfelu coup d’Etat, c’est «se mettre au service des ennemis du pays». Et donner des informations sur l’arrestation des ex-putschistes dans l’affaire du contre-coup d’Etat du 30 avril 2012, c’est «être au service des hommes politiques du FDR».

 

Les journalistes maliens ont véritablement eu leur dose ce samedi 22 mars au meeting du MP22. Un cirque digne d’une comédie grecque qu’Oumar Mariko et les siens ont appelé «soutien au général Amadou Haya Sanogo». La démocratie permet à Oumar Mariko de ne pas partager la ligne éditoriale d’un journal et le mode de traitement de l’information par un journaliste. Mais de là à s’attaquer à ceux-ci parce qu’ils ne font pas comme ses dix radios du réseau «Kayira» ? Le pas a été franchi par le secrétaire général du parti Sadi qui se trompe de combat et d’adversaire. Oumar Mariko est qui pour déterminer qui est patriote et qui ne l’est pas.

 

Dans le collimateur de la justice

 

Pour comprendre les agissements du bras politique des ex-putschistes, il faut remonter jusqu’au 30 avril 2012, où deux étudiants ont eu la mort suite à une descente de la police proche du clan Sanogo sur le campus universitaire. Ce jour-là, deux étudiants trouvent la mort. Oumar Mariko, qui était à couteau tiré avec le secrétaire général de l’AEEM d’alors, Hamadoun Traoré, est fortement soupçonné d’être le cerveau de cet assassinat. Dans le cadre des enquêtes, le gouvernement de transition, dirigé par Django Cissoko demande la levée de son immunité parlementaire. À l’écrasante majorité, ses collègues députés approuvent qu’il soit mis à la disposition de la justice. Mais il va retarder la procédure. Car, après la transition, il parvient à se faire relire à l’Assemblée nationale.

 

Mais les ennuis sont loin d’être terminés pour le soutien des putschistes, dont le dossier reste pendant devant la justice. Les analystes politiques et les professionnels du droit sont catégoriques : Oumar Mariko ne s’est pas encore tiré d’affaire. Car il sera rattrapé par la justice, surtout que dans l’affaire dite de la disparition des bérets rouges, de forts soupçons pèsent sur lui à propos d’une éventuelle complicité.

 

Bref, avec la vague d’arrestations de ses anciens alliés, Oumar Mariko est en disgrâce. «Il se cherche, et il se fait passer comme victime en cas d’arrestation très prochainement», analyse cet observateur pour qui, la présence de celui-ci dans le camp présidentiel ne peut se justifier qu’à travers cela.

 

Dans son exercice indigne, Oumar Mariko peut donc continuer sa campane de dénigrement de la presse malienne. Il peut toujours courir. Mais les médias maliens (dont il se dit souvent issu pour être «directeur général» de Kayira), ne se laisseront pas divertir par un apprenti révolutionnaire.

Tony Camara

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