High-Tech

Samsung vit la fin de sa période de grâce

Le profit opérationnel du géant coréen a plongé de 60 % au 3 e  trimestre.
Il souffre du manque de dynamisme de ses ventes de téléphonesportables.

A la lecture des derniers résultats trimestriels diffusés, hier, par Samsung Electronics, nombre d’analystes se sont remémoré la malédiction Nokia. Pendant quatorze ans, le groupe finlandais avait dominé le marché mondial du téléphone portable. Fin 2007, il représentait encore 40 % des ventes, tous modèles confondus, et, avant le lancement, cette année-là, de l’iPhone, il pesait 50 % du segment des smartphones. Cinq ans plus tard, il était débordé, à l’échelle mondiale… par Samsung Electronics. Et huit ans plus tard, il n’était plus qu’un nain du secteur.

Au sommet il y a un an

S’imposant peu à peu sur tous les segments, le géant sud-coréen a, lui, atteint sa part de marché maximale il y a tout juste un an. Au troisième trimestre 2013, 35 % des appareils vendus dans le monde portaient son logo et 70 % des profits du groupe provenaient de cette insolente division mobile. Un an plus tard, son poids dans les ventes mondiales est tombé sous les 25 %. Et le ratio a entraîné dans sa chute les profits du groupe. Sur la période allant de juillet à septembre, Samsung Electronics a vu, en glissement annuel, son bénéfice opérationnel plonger de 59,6 %, à 4.100 milliards de wons (environ 3 milliards d’euros).

Pour justifier ce recul, le géant mondial du secteur a pointé la hausse de ses dépenses marketing et un recul du prix de vente moyen de ses téléphones. « Le nombre de modèles haut de gamme a baissé en proportion, à quoi s’est ajoutée une réduction des prix pour les modèles plus anciens », a précisé le groupe. «  Au troisième trimestre, Samsung n’a pas lancé de nouvel appareil haut de gamme. Le marché s’est aussi durci et a gonflé les stocks », explique Soojin Park, une analyste de Bernstein Research. Sur le haut de gamme, où il réalise ses plus belles marges, Samsung est confronté aux très fortes ventes de l’iPhone 6 quand, sur les segments du milieu de gamme et des téléphones portables traditionnels, il est malmené par l’agressivité des producteurs chinois, tels que Xiaomi et Lenovo, ou indien, comme Micromax, qui se contentent de marges opérationnelles minuscules.

Hier, les investisseurs ont toutefois semblé peu émus par la chute des profits du géant sud-coréen. Le titre du groupe a même progressé de près de 1 % sur la place de Séoul, tant ils sont convaincus que le plus grand groupe d’électronique de la planète a déjà planifié son rebond et programmé son expansion sur ses autres marchés, comme celui des semi-conducteurs, où la demande est forte.

« En théorie, la situation devrait être meilleure au quatrième trimestre », confirme Soojin Park. Elle pointe la mise en vente du Galaxy Note 4, qui va concurrencer frontalement l’iPhone 6 Plus, mais aussi le lancement de nouveaux engins de milieu de gamme avant la fin de l’année. D’autres modèles haut de gamme sont attendus en 2015. On saura alors si Samsung a su contenir la concurrence.

Yann Rousseau, Les Echos
Correspondant à Tokyo
Follow Me:

Related Posts

Laisser un commentaire