Sécurité

MALI – Attentat à Bamako : les autorités ont-elles manqué de vigilance ?

Dans la nuit du 6 au 7 mars, des assaillants ont ouvert le feu dans un bar-restaurant très fréquenté de la capitale malienne, faisant cinq morts. Le dispositif sécuritaire de la ville est mis en cause.

Dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 mars, une bande d’assaillants a ouvert le feu dans l’un des restaurants les plus fréquentés de Bamako, notamment par les Occidentaux.

Cinq personnes – trois Maliens, un Français et un Belge – ont perdu la vie dans cette attaque, huit ont été blessées. C’est le premier attentat à frapper la capitale malienne depuis le lancement de l’opération française Serval qui avait libéré le nord du pays du joug djihadiste en janvier 2013.

Après le choc, viennent les questions. Ainsi le quotidien malien Les Echos s’interroge sur le dispositif de sécurité de l’un des endroits les plus fréquentés de la capitale : “Il est évident que, à Bamako tout au moins, on avait relâché la pression, que les fouilles étaient devenues beaucoup plus de simples formalités. Tout se passait comme si chacun parlait d’une ‘possibilité’ [d’attentat], sans vraiment grande conviction. Les failles, [elles] sont d’abord au niveau de notre arsenal de défense, de prévention et de protection”, écrit Alexis Kalembry, son directeur de publication.

Pourtant, “le Mali a acquis, à coup de millions, des chiens policiers. L’avantage de ces chiens, c’est qu’ils détectent dans le public tout porteur d’armes et d’engins explosifs. Par les temps qui courent, ils auraient été d’un grand secours. De l’autre côté, nous ne savons pas quel est l’apport de la communication, des échanges téléphoniques dans la prévention. Car, à défaut de pouvoir prendre des terroristes sur le fait, on aurait pu les suivre, les repérer à Bamako.” Enfin, au-delà des pertes humaines, cet attentat est également une menace pour l’économie malienne. C’est pourquoi “il incombe de mettre en place un plan du genre Vigipirate, de manière à sécuriser les affaires”, conclut le journaliste.

Par ailleurs, deux enfants et un casque bleu tchadien ont été tués le 8 mars par des tirs de roquettes à Kidal, dans le nord-est du Mali. Ce regain de tension intervient une semaine après la signature d’un accord de paix entre le gouvernement malien et une partie des groupes armés du Nord.

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