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Le secrétaire général de l’ONU au Mali pour la Journée des Casques bleus

Une photo prise le 16 avril 2018 montre les dommages subis à l’entrée d’un camp de l’ONU près de l’aéroport de Tombouctou lors d’une attaque qui a duré quatre heures

Bamako (AFP) – Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est arrivé mardi à Bamako pour passer la Journée internationale des Casques bleus aux côtés de la Mission de l’ONU au Mali, la plus périlleuse des opérations actuelles des Nations unies, à deux mois de l’élection présidentielle.

Accueilli à l’aéroport par le président Ibrahim Boubacar Keïta, M. Guterres s’est ensuite rendu à la base de la Minusma pour une cérémonie d’hommage aux Casques bleus tombés en 2017, au nombre de 21, outre sept civils, selon l’ONU.

“C’est un honneur pour moi de passer la Journée des Casques bleus avec les hommes et femmes courageux qui servent dans notre mission au Mali, la plus meurtrière pour nous l’année dernière. A leurs risques et périls, ils sauvent des vies au service de la paix”, a-t-il déclaré.

Déployée en 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, a perdu plus de 160 Casques bleus, dont 104 dans des actes hostiles, soit plus de la moitié des soldats de l’ONU tués sur cette période dans le monde.

“Nous vivons un moment clé de l’histoire du Mali. Nous voulons appuyer les Maliens, les autorités maliennes, pour garantir le succès du Mali”, a expliqué le secrétaire général de l’ONU lors d’un point de presse.

AFP / Michele CATTANI
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, participe à une cérémonie à l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus dans une base de la MINUSMA à Bamako le 29 mai 2018

“Nous avons trois chantiers”, a-t-il détaillé, évoquant “la concrétisation totale des accords de paix, des élections transparentes, facteur de légitimation d’un pouvoir démocratique, et enfin le projet du gouvernement de sécurisation de la région Centre, projet essentiel pour la stabilisation du Mali”.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et le sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Dans un communiqué diffusé lundi à l’occasion de la publication de son premier rapport en tant qu’observateur indépendant de l’application de l’accord de paix, le Centre Carter (Etats-Unis) déplore que les signataires n’aient “pas respecté les délais qu’ils avaient eux-mêmes établis” depuis le début de l’année.

Le gouvernement “a fait preuve de peu de consistance dans son engagement” tandis que les groupes armés “ont manifesté de la passivité et ont rarement pris l’initiative”, selon le Centre Carter, souhaitant que les signataires et la médiation internationale “se concentrent sur la prise de décision plutôt que sur les ateliers préparatoires et les consultations”.

M. Guterres est accompagné dans cette visite de deux jours, à Bamako et en province, par ses secrétaires généraux adjoints aux opérations de maintien de la paix et au soutien logistique, respectivement Jean-Pierre Lacroix et Atul Khare, ainsi que par la directrice de l’Unicef, Henrietta Fore.

“Quelque 750 écoles restent fermées dans le nord et le centre du pays à cause de l’insécurité, affectant plus de 300.000 enfants d’âge scolaire”, a indiqué l’Unicef dans un communiqué.

“Demain, je ferai le jeûne comme tout le monde”, a aussi dit M. Guterres, évoquant une “visite de solidarité” avec les Maliens et la communauté musulmane, en ce mois de Ramadan.

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