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INTIME CONVICTION : L’Afrique menacée par les perversions occidentales sous prétexte de droits humains

Les cadeaux empoisonnés, pardon les aides des puissances impérialistes et des institutions de leur oppression financière (FMI et Banque mondiale) sont toujours soumis à des conditionnalités politiques à leur avantage. Après les Plans d’ajustement structurel qui ont semé le chaos social dans les pays bénéficiaires, il y a eu le chantage pour l’ouverture démocratique. Mais, de nos jours, il semble avoir une conditionnalité officieuse mais déterminante pour bénéficier des «largesses» de l’Union européenne, de la Banque mondiale, du FMI… : la protection des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT+).

Selon le sens originel du mot liberté, l’homme libre est celui qui n’a pas le statut d’esclave. En philosophie, en sociologie, en droit et en politique, la liberté est une notion majeure : elle marque l’aptitude des individus à exercer leur volonté avec (selon l’orientation politique des discours tenus) la mise en avant de nuances dont aucune n’épuise le sens intégral.

Cette notion est à la fois conçue comme une valeur abstraite et normative de l’action humaine et comme une réalité concrète et vécue. Ces deux perspectives se recoupent de diverses manières et peuvent provoquer des erreurs de catégories. Il existe ainsi de nombreuses confusions possibles à propos du terme de liberté et de droits. Il faut donc prendre soin de distinguer les différents sens de ces concepts. Et surtout si elle confère des droits comme ceux que l’Occident accorde aux lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT+).

Lors de la Conférence de Dakar (selonlepetitjuriste.fr), le président Léopold Sédar Senghor avait fixé la philosophie qui devait sous-tendre l’élaboration de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples. Ce poète de la Négritude et leader politique avait notamment exhorté les experts à faire «preuve d’imagination et à s’inspirer des traditions africaines» en gardant à l’esprit les valeurs de civilisation et les besoins réels de l’Afrique, c’est-à-dire «assimiler sans être assimilé».

L’intérêt de l’Afrique, c’est de toujours pouvoir «emprunter au modernisme seulement ce qui était compatible avec la nature profonde de la civilisation africaine». La Charte Africaine devait donc être le «fruit d’un processus politique en quête d’un équilibre entre des droits marqués tant par la tradition que par la modernité». Une juxtaposition qui devait être son originalité.

Incontestablement, la prise en compte des cultures et traditions dans un système marqué par la coexistence de normes étatiques et d’une pluralité de coutumes est indispensable pour une protection effective des droits de l’Homme en Afrique. Ne serait-ce que par le fait, selon des experts, que les droits de l’homme ont toujours «une dimension qui se mesure par l’histoire, la civilisation et les aspirations du peuple concerné». Ainsi, «on ne peut pas isoler une institution protectrice des droits de l’Homme de l’ensemble idéologique qui lui sert de soubassement».

Le respect des droits des LGBT+ contre l’aide financière

Malheureusement, le mythe de l’Occident, de sa puissance technologique et de son modèle économique, véhiculé sciemment par l’école, a relégué au second plan les «valeurs authentiques» définissant l’originalité des cultures locales. Le colon nous a inoculé le virus du mépris de soi, du dégoût de nos cultures et de nos civilisations. Et le néocolonialisme ne ménage aujourd’hui aucune stratégie pour enfoncer ce clou de l’acculturation, du complexe socioculturel et économique.

Ainsi, depuis de nombreuses années les pays occidentaux ne cessent de faire pression sur les pays Africains afin qu’ils offrent un cadre légal plus propice aux personnes homosexuelles ou aux lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT+). Qui ne se rappelle pas en Afrique cette promesse faite en juillet 2013 par Premier ministre britannique de l’époque, David Cameron «d’exporter le mariage homosexuel» ?

Et face à une résistance étonnamment virulente des dirigeants africains on a vu apparaître un chantage portant sur l’aide au développement. Cette bataille nord-sud (car il s’agit bel et bien de la défense d’une pratique acceptée en Occident mais que les pays du sud réfutent) a pris forme au début des années 2000 avec  le président du Zimbabwe, Robert Mugabe.

Il fut le premier à s’opposer fermement aux multiples tentatives de pression des Occidentaux qui devinrent du chantage face à son obstination et pour finir par des sanctions à l’encontre de son pays. Mugabe a été aussi le premier à instrumentaliser les droits des homosexuels à son avantage afin de rallier le peuple autour de lui.

Cette déviation sexuelle présentée comme une valeur occidentale a fait écho à travers le continent et les hommes politiques l’utilisent dorénavant dès que leur popularité se trouve fragilisée.

La Banque mondiale a suspendu une aide d’un montant global de 300 millions de dollars en faveur de la Tanzanie, a-t-on appris le 15 novembre 2018 de l’agence de presse Reuters citant des sources officielles.

Selon les informations relayées par le média américain, cette décision serait consécutive à la récente relance, de la part du gouvernement, d’une politique visant à interdire l’accès à l’école des jeunes filles ayant contracté une grossesse. S’insurgeant contre cette mesure, la Banque mondiale a décidé de suspendre l’introduction auprès de son conseil d’administration d’un nouveau programme visant initialement le secteur éducatif.

C’est sans doute la raison officielle. Mais, officieusement, cette suspension intervient quelques jours après que l’institution de Bretton Woods ait émis des réserves sur une nouvelle loi tanzanienne renforçant le contrôle de l’Etat sur la production de statistiques officielles.

Et pour de nombreux observateurs, la Banque mondiale (imitée par l’Union européenne à la même période) veut financièrement asphyxier le régime en place afin de le contraindre à accorder et protéger les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT+) qui vivent dans la clandestinité comme dans de nombreux Etats africains où leur existence n’est pas tolérée

L’Afrique n’a pas de leçons à recevoir en matière des droits humains

Notre continent est celui où cette pratique sexuelle est la plus condamnée. En effet, selon nos statistiques, sur les 78 pays dans le monde la pénalisant, 38 se trouvent en Afrique. Et 3 pays (le Nigéria uniquement la partie nord avec l’application de la charia, la Somalie et le Soudan) ont une législation qui prévoit la peine de mort. Ce n’est pas donc qu’un simple outil de propagande pour eux.

Face à l’obstination farouche des dirigeants africains à leur tenir tête, le seul moyen de pression qui leur reste est donc le chantage portant sur les financements. Mais, cela ne fonctionne pas toujours.

En février 2013, le président Macky Sall l’expliquait à Barack Obama lors de sa visite au Sénégal et qui tentait de lui rappeler l’importance d’offrir un meilleur cadre légal aux homosexuels. «C’est comme la peine de mort, donc une question que chaque pays traite à sa façon. Nous l’avons abolie depuis longtemps. Dans d’autres pays, elle s’impose parce que la situation l’exige. Nous respectons le choix de chaque Etat», lui avait répondu Macky Sall.

Une façon diplomatique de rappeler à Obama que les Américains ne sont pas un exemple universel de démocratie. En effet sur les 50 Etats américains, seulement 18 ont tout comme le Sénégal aboli la peine de mort (en 2004). Les donneurs de leçons sur les Droits humains doivent avoir le courage de balayer d’abord devant leurs portes avant d’essayer d’imposer à l’Afrique leur perversion. L’Afrique n’a pas à se faire dicter ses mœurs par qui que ce soit.

A ce que nous sachions, il n’y a pas de norme universelle des droits de l’Homme (droits de l’homme, droits humains ou droits de la personne). Même si la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) en est la référence, force est de reconnaître qu’il ne s’agit que d’un concept à la fois philosophique, juridique et politique selon lequel tout être humain possède des droits universels, inaliénables…

Les droits humains tels que brandis comme une épée de Damoclès sur la tête des dirigeants des pays pauvres par des ONG financées par de puissants lobbies dans les puissances impérialistes, est élaboré à l’aune des valeurs culturelles occidentales. Et pourquoi nous nous devons renoncer aux nôtres et nous conformer à des valeurs qui n’ont rien avec notre vécu ? Pourquoi devons-nous accepter cette camisole de force ? Pour plaire à l’occident afin de bénéficier de ses largesses ? Sommes-nous condamnés à faire éternellement la courbette pour ne pas paraître comme des barbares qui mutilent leurs filles et traitent leurs épouses comme des «esclaves» ou des «propriétés» ?

Les Européens ne peuvent pas faire de l’adhésion à leurs mœurs la priorité des Africains. Et nos dirigeants doivent avoir le courage et l’audace d’appliquer la réciprocité des sanctions prises à l’égard de nos Etats qui refusent de se soumettre à ce nouveau joug. Il est temps que nous occupions notre place réelle dans les relations économiques internationales.

Si nos ressources sont gérées comme il faut, si nos plans de développement sont élaborés en fonction des besoins réels et non pour satisfaire les besoins de nos créanciers, la grande majorité des Etats africains peut se passer de l’aide budgétaire ainsi que de la Banque mondiale et du FMI !

C’est un parti qui est à la portée de tous nos Etats !

Moussa Bolly

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