Politique

On en parle : Soumeylou Boubèye Maïga, fossoyeur du RPM ?

On ne parle que de ça depuis quelques jours. L’Asma-Cfp, le parti du Premier ministre, selon plus d’un, se renforce au détriment du Rpm (Rassemblement pour le Mali), la formation politique du président de la République.
L’Asma-Cfp ne comptait que quatre députés au début de la législature. Ce nombre a été multiplié par cinq. Le parti de Soumeylou Boubèye Maïga, selon le journal «Info-Matin», dispose aujourd’hui de vingt-un députés.
À l’exception notoire de Bafotigui Diallo, qui a regagné le parti Yéléma, tous les députés démissionnaires du Rassemblement pour le Mali ont rejoint l’Asma-Cfp. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme ?
Loin d’une simple transhumance, ces départs des tisserands vers l’Asma-Cfp ne sont pas des faits du hasard. C’est le signe de la volonté du Premier ministre de faire de son parti la première force politique du Mali, quitte à débaucher les élus de son principal allié.
Car, il faut le dire, en l’absence de toute élection, ce renforcement ne peut se faire qu’en prenant chez les autres. Et pour le moment, le Rpm semble être la principale victime de ce jeu de dupes, et risquerait d’être assujetti par l’Asma-Cfp. Si cette saignée continue, le parti fondé par IBK et ses amis risquerait dans les prochains jours de se retrouver avec moins d’une dizaine de députés.
Ce n’est pas qu’au niveau des députés. L’Asma-Cfp a aujourd’hui le vent en poupe. La formation politique du Premier ministre enregistre des adhésions massives. Viennent-ils par conviction ou par opportunisme ? Difficile de répondre à cette question.
Cette situation conjointe aux récentes nominations à la direction nationale des douanes suscite des grincements de dents dans les rangs des tisserands. Dans les coulisses, certains membres du Rpm n’hésitent pas à parler de «chasse aux sorcières».
À la décharge de Soumeylou Boubèye Maïga, cette situation a été favorisée par un manque de cohésion au sein du parti présidentiel, dont les membres se sont livrés à une guerre fratricide pour des intérêts sordides.
Abdoulaye Idrissa Maïga, Premier ministre, issu du rang du parti, n’a pas bénéficié de toute la solidarité nécessaire. Le Tigre de Badalabougou n’en demandait pas tant pour se faire une place au soleil. Les tisserands ne doivent donc s’en prendre qu’à eux-mêmes.

Abdrahamane Sissoko

Related Posts

Laisser un commentaire