Insécurité Politique

SBM SUR LE MASSACRE AU CENTRE : « L’Etat n’est responsable de rien »

Le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga a démenti, le 7 janvier, toute implication du gouvernement dans les conflits intercommunautaires du centre. Selon lui, le régime est « héritier » de ce problème car, il est la conséquence de plusieurs années de délitement de l’Etat.  

Excédée par le nombre de morts dans le centre du pays, l’Assemblée nationale a interpellé le Premier ministre le lundi 7 janvier. Devant la représentation nationale, le PM a annoncé les mesures envisagées par son équipe afin de circonscrire la situation.

Plusieurs  députés de l’opposition comme de la majorité indexent l’Etat, ‘’responsable’’ en grande partie de ces conflits. Les victimes de ces différends étaient chiffrées par dizaines en 2018, selon plusieurs rapports. Beaucoup de députés, interpellant le gouvernement sur cette situation dans le centre, rejettent la faute sur l’Etat.

« Nous ne pensons pas que tout se ramène pas à l’action des groupes terroristes qui poussent les uns contre les autres (…). Nous pensons que le dénominateur commun de l’extrémisme violent et le terrorisme, c’est la gouvernance, la légitimation et la démission de l’Etat », a affirmé l’honorable Bréhima Béridogo, un député de l’opposition. De même, selon l’honorable Belco Ba de la majorité, rendre responsable Amadou Kouffa de la situation est un prétexte pour le gouvernement.  

Selon le chef du gouvernement, cette situation est le délitement de plusieurs années de gouvernance. « Nous avons hérité de ce problème »,s’est défendu le Premier ministre.Contrairement à des déclarations contre l’Etat, Soumeylou Boubèye Maïga nie toute implication de l’Etat, de nature à alimenter cette crise.

« Le gouvernement n’a pas fait de parti pris dans cette crise. L’Etat n’est responsable de rien », a-t-il affirmé, en se réjouissant des récentes actions du régime qui ont permis de réduire le nombre d’attaques dans le centre.

« Nous avons déployé près de 13000 hommes, dont la moitié, au moins, dans le centre », a indiqué le Premier ministre malien. Selon lui, ce déploiement a amené plus de sécurité qu’avant. Il a permis aussi de faire reculer des groupes armés. Ainsi, en 2018, le nombre de violences intercommunautaires a considérablement baissé comparativement à 2016 et 2017.

«Dans l’ensemble de notre sous-région, nous avons enregistré 577 violences intercommunautaires. Le Mali a connu 52 incidents qui ont fait beaucoup de victimes. De février à décembre dernier, la région de Ménaka seule a enregistré 203 victimes du fait des violences intercommunautaires», a-t-il déclaré.  

Abordant les mesures à entreprendre, le chef du gouvernement a assuré que l’Etat renforcera notamment son dispositif sécuritaire, la présence de l’administration et de la justice dans le centre.

« D’ici un mois, un bataillon sera déployé. Mais, les efforts militaires doivent être soutenus par des actions politiques qui vont ramener la cohésion, le consensus, la réconciliation et le développement. Sinon, l’action militaire montrera ses limites »,a-t-il ajouté.

Parallèlement à ces actions, le programme de désarmement pour la réduction de la violence communautaire se poursuivra jusqu’à la fin de ce mois, a rassuré Soumeylou Boubèye Maïga.  Près de 444 armes ont été récupérées à Mopti, a-t-il fait savoir, grâce à ce programme.

« Après le lancement officiel du programme de désarment (…) 600 jeunes se sont inscrits et d’autres groupes sont en train de s’inscrire. À la fin de l’enrôlement, nous allons monter de plusieurs crans dans l’action de l’armée sur le terrain », a ajouté le Premier ministre.

Aussi, dans le cadre de l’augmentation de l’effectif de l’armée, il sera procédé au recrutement de 600 jeunes dans les forces de défense et de sécurité à Mopti et à Ségou. Il en sera de même dans les autres régions du Mali avec un quota de 600 éléments.

A côté de ces mesures, il est également prévu de créer des cadres de dialogue « pour identifier ceux-là qui renoncent à la violence et qui acceptent une reconversion ».Car, l’objectif de l’État n’est pas aussi d’être dans une confrontation militaire avec les populations civiles.

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