Société

PRATIQUE DE L’ESCLAVAGE À KAYES : Les organisations anti-esclavagistes sonnent l’alerte

Ce samedi 19 janvier 2019, la Maison de la presse a servi de cadre à l’organisation d’une conférence de presse sur la pratique de l’esclavage dans la région de Kayes. Plusieurs victimes et proches de victimes ont appelé les plus hautes autorités à s’impliquer davantage dans le combat du phénomène.

Lors de cette rencontre, les organisateurs ont choisi la citation d’Abraham Lincoln qui dit : « Tant qu’un seul reste enchaîné, nous sommes tous esclaves ». Ces organisations sont: Temedt, Ganbaanaxun.

La première intervention fut faite par Assétou Wallet Talata, vice-présidente de l’association Temedt. Selon elle, la passivité du gouvernement ne fait qu’envenimer la situation. Car les victimes se sont plaintes auprès des autorités locales. Des chefs de famille humiliés, des enfants et femmes martyrisés en leur interdisant l’accès aux centres de santé, les mosquées, les écoles juste parce qu’ils ont refusé de se soumettre, a poursuivi la vice-présidente. Et pour finir, elle a lancé un appel de détresse aux plus hautes autorités à prendre toutes leurs responsabilités afin que les auteurs et commanditaires répondent de leurs actes.

Pour sa part, Diaguily Marou Kanouté, représentant du Rassemblement malien pour la fraternité et le progrès, a appelé les autorités à éviter un conflit social. À l’en croire, la situation est arrivée au point où certaines organisations anti-esclavagistes dans la région de Kayes sont prêtes à défendre les victimes avec les armes.

Ainsi, ces drames ont conduit plusieurs familles à l’exil forcé afin d’échapper à la barbarie, la discrimination, et d’autres pratiques inhumaines. Dans une déclaration conjointe des organisations anti-esclavagistes, il est mentionné que ces pratiques inhumaines se font dans neuf villages du cercle de Kayes, notamment: Fegui, Dramané, Lanni, Bahrara, Tafssurigua, Seguala, Nahalé, Santiagné. Et dans le cercle de Dièma, on retrouve ce même scénario dans les villages de Keriwané, Toudou, Hadou, Hafilibarké, Gouroumera, Missira, Kassekhara, Kaynéra, Bamaghabougou, Dièma, Diankouté Camara, Gourbi, Madigassaghô, Béma, etc. Plusieurs villages du cercle Yéimané, de Nioro du Sahel, et de Kita sont accusés de pratiques esclavagistes.

À cet effet, dans la même déclaration les organisations exigent du gouvernement de poursuivre et traduire les auteurs et commanditaires de ces graves violations des droits humains en justice; d’identifier, de recenser et de dédommager toutes les victimes afin de les rétablir dans leurs droits ; de prendre sans délais les dispositions pour le retour des familles chassées de leurs villages respectifs; d’interdire et sanctionner toute initiative visant à faire l’apologie de l’esclavage et des pratique assimilées, notamment le festival “Danse des esclaves” prévu du 26 au 27 janvier 2019, à Diarra commune de Tourougoûbé, cercle de Nioro du Nioro du Sahel; d’adopter dans un plus bref délai le projet de loi portant répression de l’esclavage et les pratiques assimilées au Mali, qui demeure sur la table du Conseil des ministres depuis le 1er  juin 2016.

Et Enfin, ces organisations, toujours dans leur déclaration, invitent la société civile et les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme à s’impliquer activement dans la lutte contre l’esclavage au Mali, et particulièrement le cas de Kayes.

Adama TRAORE

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