Société

Pratique de l’esclavage par ascendance : l’horreur et l’indignation

L’esclavage par ascendance refait surface. Les organisations de la société civile demandent la fin de cette pratique d’un autre âge.

La question de l’esclavage par ascendance suscite de l’horreur et de l’indignation. «Quand ils tuent leurs bêtes, ils nous font appel pour le dépeçage. Qu’on soit occupé ou non, on est obligé d’exécuter l’ordre du ‘’maître’’. Dans leur mentalité nous leur appartenons», a souligné Cheickné Diarra dans les colonnes du journal «Le Tjikan».

Considérés comme des parias à la limite sous-hommes, les esclaves n’auraient pas les mêmes droits que leurs supposés «maîtres». Ils sont interdits de certains rituels. «Si une femme Soninké perd son mari, elle fait quarte mois et dix jours en veuvage. Mais nous, nos femmes font deux mois et cinq jours, soit la moitié, car nous sommes considérés comme des sous-hommes. Ce qui est contraire aux valeurs islamiques et à la loi malienne devant lesquelles nous sommes égaux en droits et en devoirs»,  explique CheicknéDiarra.

Tous ceux qui ont tenté de se soustraire ont été battus jusqu’au sang. Les réseaux sociaux relayent à longueur de journée les violences subies par des personnes qui veulent s’affranchir. «J’ai été attaché, frappé et ma maison saccagée. Ma femme a été battue jusqu’à ce qu’elle perde sa grossesse», s’indigne une victime sur les ondes de Studio Tamani. Ces pratiques dégradantes et inhumaines sévissent dans une partie de la région de Kayes, notamment la zone sarakolé.

Face à la persistance du phénomène, les responsables des associations Temedt et Gambana donnent de la voix. Ils estiment que ces pratiques constituent de graves violations des droits de l’Homme et demandent à l’Etat de prendre des mesures vigoureuses contre toute pratique visant à faire l’apologie de l’esclavage et pratiques assimilées.

C’est dans cet ordre d’idées, qu’ils  invitent le gouvernement à interdire le festival «Danse des esclaves à Nioro du Sahel». Tout en prenant acte du communiqué du gouvernement, ils pensent cependant que «l’Etat manque de courage face à une telle situation qui ébranle la cohésion sociale.»

La réaction de l’Etat

Dans un communiqué, le gouvernement dit constater avec consternation et indignation la perpétration d’actes portant atteinte à l’honneur, à la dignité, aux biens et à l’intégrité physique des personnes dans certaines localités du pays.

Le gouvernement dit condamner cet acte d’un autre âge et réaffirme sa détermination à assurer, dans le strict respect de la loi, la protection des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire national. Pour terminer, le gouvernement promet d’examiner tous les cas de violations dénoncés afin de leur donner les suites appropriées.

Cheick Bougounta Cissé

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