Culture

QUATRIEME EDITION D’OGOBAGNA : Le pari gagné de la cohésion sociale

Le festival Ogobagna est un facteur de cohésion sociale. C’est ce que pensent en tout cas, bons nombres d’exposants et des visiteurs interrogés par Le Matin, à l’occasion de la 4e édition du festival Ogobagna qui a pris fin dimanche dernier (21-27 janvier  sur la place du cinquantenaire en face de l’ENSUP. D’autres soutiennent que l’événement va contribuer à la réconciliation, donc à la paix et à la stabilité au centre du Mali.

De façon générale, les exposants et les visiteurs estiment que le Festival Ogobagna est «une belle initiative qui peut contribuer efficacement à la paix et à la cohésion sociale au Mali», particulièrement pour le centre du pays affecté ces deux dernières années par des conflits intercommunautaires.

Le samedi 26 janvier 2019, aux environs de 13h30 et à quelques heures de la clôture de l’événement, l’ambiance n’était pas celle des grands jours avec seulement quelques visiteurs. Une situation que certains observateurs lient surtout par la cherté du ticket d’entrée vendu à 2000 F Cfa par personne. La situation économique précaire du pays ne contribue pas aussi à arranger les choses.

A cela s’ajoute la multiplication des festivals qui fait que les populations n’ont plus d’engouement pour ce genre d’événement. Une situation qui ne fait pas l’affaire des exposants. Ils disent avoir été victimes de la cherté du ticket d’entrée car si les visiteurs ne rentrent pas, ils ne peuvent pas à leur tour vendre et gagner de l’argent.

Les exposants du festival Ogobagna sont venus évidemment en grand nombre. D’autres sont venus des pays de la sous-région comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso. Festival Dogon oblige, l’essentiel des produits exposés concerne l’habillement traditionnel Dogon, les objets d’arts et les parures (colliers).

L’expression du savoir-faire local, les objets étaient exposés dans une centaine de stands érigés pour l’occasion sur un espace équivalent à deux terrains de foot. En plus d’un autre grand espace de la même taille réservée aux manifestations culturelles qui ont vu différents groupes ethniques se succéder au fil des nuits. Il s’agit notamment des sonrhaï, des peulhs, les bozos… qui sont tous des cousins à plaisanterie des dogons.

Une vraie initiative de paix et de cohésion sociale entre les communautés. On constate enfin une bonne organisation dans l’ensemble avec un dispositif sécuritaire satisfaisant. Pour Moussa Guindo, le premier exposant que nous avons approché, «Ogobagna est d’une très grande importance non seulement pour les dogons, mais aussi pour tous les Maliens». Ce vendeur d’habillement traditionnel dogon estime que ce festival est «une occasion pour tous les Maliens de se donner la main et de se pardonner». Et cela d’autant plus que ce festival offre un cadre de rencontre à toutes les communautés.

Évoquant le climat des affaires, Moussa Guindo reconnait la morosité du marché. «Les gens viennent petit à petit et on gagne aussi un peu», a-t-il a expliqué. Avec des prix de vente variant entre 500 et 30.000 F Cfa, il évalue sa recette journalière en moyenne à 25  000 F CFA.

Vendeuse d’habillement traditionnel et de colliers, Mme Guindo abonde dans le même sens. «Les éditions ne sont pas les mêmes. Cette année, le festival n’a pas été trop rentable parce ce qu’il y a eu beaucoup de petits festivals dans la foulée», a-t-elle expliqué. Elle a soutenu également que le prix du ticket d’entrée (2000 Cfa) est cher et a pesé sur l’affluence au festival. Pour Mme Guindo, Ogobagna favorise aussi le vivre ensemble entre les communautés. «Les peulhs sont venus danser ici», a-t-elle rappelé pour souligner que toutes les communautés du Mali, du centre notamment, peuvent se retrouver en paix et dans la cohésion si l’on crée les conditions.

Vendeur des colliers et d’autres parures, Souleymane Traoré a mis l’accent sur la bonne organisation. N’empêche qu’il aussi déploré l’absence de visiteurs qu’il explique par la cherté du ticket d’entrée.  «La cherté du ticket d’entrée a joué aussi sur l’affluence», a défendu M. Traoré. Pour lui, ce festival est une occasion de promouvoir nos cultures et un moyen de maintenir le lien entre les groupes ethniques. Le prix de ses produits varie entre 500  et 100.000 F CFA.

Sur place nous avons aussi rencontré quelques visiteurs qui ont accepté de nous livrer leurs intentions. Abdoul Karim Guindo est sa première visite depuis que le festival Ogobagna a commencé. C’était donc l’occasion pour lui de revoir des choses qu’il n’a pas vu depuis le village. «Ce qui m’a plu ce que nos amis sonrhaï, peulhs et bambara sont tous là», s’est-il réjoui. Le festival contribue ainsi au vivre-ensemble tant souhaité au Mali, précisément au centre du pays.

«Jai été impressionné, c’est une belle initiative», s’est réjoui Bourama Kamiyan, un autre visiteur que nous avons approché. Pour lui, le festival est un tremplin de promotion pour les artistes et les artisans. Il favorise aussi la cohésion sociale, à travers les causeries débats et les manifestations culturelles. «Retrouver les dogons avec les Sonrhaï et autres, donne plus de beauté à ce festival», a-t-il apprécié.

«Je suis à ma 3e visite. Mais, je ne peux pas rentrer le ticket est cher», a déplorée dame venue de Kanadjiguila.

Ogobagna est un festival organisé par la communauté dogon du Mali. L’initiative vise à faire la promotion de la culture et du savoir-faire du pays dogon. Et servir en même temps de moyen pour la paix et la cohésion sociale entre les communautés, notamment dans le centre du Mali. 

Oumar Alpha

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