Politique

CADRE DE CONCERTATION NATIONAL : Le gouvernement revoit sa copie

Un pas est franchi vers la décrispation du climat politique. Ce jeudi 21 février, il a été convenu de revoir le décret fixant la composition de la formation technique du cadre de concertation national (CCN). Celle-ci se verra ainsi ouvrir à toutes les sensibilités.

Plus question de conditionner la participation des partis politiques au cadre technique du CCN. Toutes les sensibilités ont ainsi droit à y siéger, comme il a été souhaité par des fronts politiques, à l’image de la COFoP. C’est la décision du gouvernement face aux multiples critiques et observations des partis politiques sur le processus des réformes en général, et le cadre de concertation en particulier. Cette concession, selon plusieurs observateurs politiques,  est un pas important vers la décrispation du climat politique par le gouvernement qui joue contre la montre pour le respect du calendrier.

La nouvelle architecture de la formation technique du CCN sera composée de 50 membres et répartis comme suit: l’ensemble de la classe politique sera représentée par 25 membres, 10 membres pour la société civile, 10 membres des mouvements signataires et 5 sièges pour le gouvernement. Cette équipe aura comme mission notamment d’analyser et évaluer les différentes propositions faites par les partis politiques par rapport à la révision constitutionnelle ; aux changements de la loi électorale ; d’examiner le chronogramme pour les élections législatives et sénatoriales ainsi que le référendum.

Au sortir de la réunion, l’ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants a déclaré : « Nous avons exprimé la préoccupation d’aller plus rapidement. Car il y a un calendrier qui attend. Le vœu est qu’au 30 juin, les élections législatives puissent se tenir. Ainsi, la question de la révision de la loi électorale sera à l’ordre du jour la semaine prochaine ; voir quelles sont les modifications nécessaires à apporter ». Selon le président du parti UDD, la participation aux questions d’intérêt national ne devait pas être conditionnée. Il concède également que sans avoir des élus à l’Assemblée nationale, des partis politiques ont prouvé leur engagement pour le pays. Et la présence de la Coalition des forces patriotiques (COFoP) et du parti RpDM de Cheick Modibo DIARRA à la réunion, auparavant réticents, est consécutive au dialogue engagé par l’Alliance Ensemble pour le Mali (EPM) avec le reste de la classe politique,  a expliqué Tiéman Hubert Coulibaly. Toutefois, il regrette la non-participation du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FDS) au cadre de concertation.  

« Nous espérons que lors de la prochaine session, nous ayons les représentants du FSD. Tout est fait dans ce sens pour qu’il y ait un maximum d’inclusion dans les débats », a-t-il indiqué.

Avec cette nouvelle donne, le Parti pour le renouveau et le développement nouvellement créée et qui se réclame de la majorité présidentielle a eu droit au débat. Sa présidente, Mme Assétou Sangaré, s’en est réjouie parce que sans élu à l’Assemblée nationale, elle a voix au chapitre.

« Aujourd’hui, on peut dire que le cadre est ouvert à l’ensemble des partis politiques. Vous vous souvenez que lors du dernier décret, il n’était question que des partis représentés à l’Assemblée nationale », a-t-elle témoigné.  

Harber MAIGA



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