Agriculture

MAUVAISE PRODUCTION AGRICOLE A L’OFFICE DU NIGER : Le PDG accuse l’Etat

C’est un scandale pour le Président-directeur général de l’Office du Niger de prendre l’Etat pour responsable pour la non atteinte des objectifs de production au titre de l’année 2018. Mamadou Mbaré Coulibaly l’a affirmé le 21 février lors de la 10ème  et dernière session du comité de suivi du contrat-plan 2014/2018 de l’Office du Niger. Et ce, en présence du représentant du ministre de l’Economie et des Finances, Modibo Maïga.

« Il est important de signaler que le faible taux des fonds alloués par l’Etat à la mise en œuvre du Contrat-Plan et le retard accusé dans leur mobilisation ainsi que l’insécurité dans la zone ont grandement joué sur l’atteinte des objectifs de production ». C’est en ces termes que le PDG Mbaré Coulibaly a accusé l’Etat de la mauvaise performance de l’entreprise qu’il dirige. Cette entreprise jadis fleuron du tissu industriel malien et grand pourvoyeur d’emplois et de recettes n’est plus que l’ombre d’elle-même. C’est un secret de polichinelle. Aujourd’hui, l’Office du Niger est sous perfusion financière, c’est connu de tout le monde. Pour preuve, les bonifications du personnel au titre de l’année 2018 ne sont toujours pas payées.

Qui a menti au chef de l’Etat ?

Le PDG ne se limite pas à cette déclaration à la limite insultante pour une entreprise qui dispose de l’autonomie financière et de gestion. Il ajoute que le faible niveau de réalisation des aménagements n’a pas permis d’atteindre les objectifs de production. Alors, quelqu’un a menti au chef de l’Etat et au peuple malien, lorsqu’on arrive à leur faire croire que le Mali a dépassé sa prévision en termes de production au titre de la dernière campagne agricole. Et le PDG est passé aux aveux. Il avoue devant les membres du comité de suivi qu’ «  en effet, sur une prévision de 1 122 350 tonnes de riz paddy en 2018, la réalisation a été de 754 225 tonnes, soit 75,34%». Il tente ensuite de jouer à l’équilibriste en ajoutant que « cependant, le rendement du riz en casier a enregistré une augmentation appréciable de 6,44% par rapport à l’année de référence 2012/2013 et le taux de respect du calendrier agricole et des paquets techniques a été de 99,88% en 2018. La production rizicole d’une manière générale a augmenté de 5,04%.».
Plus loin, le PDG, décrié par les travailleurs de l’Office, avance qu’il urge de redoubler d’efforts pour que le nouveau Contrat Plan puisse bénéficier d’un environnement favorable et des moyens adéquats pour sa mise en œuvre.
Sans avoir froid aux yeux, il annonce les objectifs de production de la campagne 2019-2020 qui coïncide avec la première année du Contrat Plan 2019-2023. Ainsi, il préconise: en riziculture, la superficie à emblaver est de 140 220 ha pour une production attendue de 873 774 tonnes de riz paddy ; en culture maraichère, 11 138 ha seront mis en valeur pour toutes spéculations confondues pour une production attendue de 321 990 tonnes ; en culture de diversification, 5 959 ha seront exploités pour toutes spéculations confondues pour une production totale attendue de 112 122 tonnes.
Faut-il rappeler que cette session est la dernière de ce contrat-plan. Elle est supposée être l’occasion non seulement d’apprécier les réalisations des parties durant le 2ème  semestre 2018, mais aussi d’évaluer le niveau général de mise en œuvre des engagements de l’Office du Niger en faveur du développement de la zone Office durant toute la période du Contrat-Plan.
Dieu veille !

Harber MAIGA



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