Politique

EVALUATION DE L’ACCORD : Contradictions entre l’ONU et le Centre Carter

Les deux principaux rapports sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix donnent des informations divergentes sur des chapitres de l’Accord. Si l’ONU, dans son dernier rapport, estime  à 36 000 le nombre de combattants préenregistrés par la Commission,  celui du Centre Carter présente un bilan de 32 908 combattants.

La mise en œuvre de l’Accord pour la paix est sous la supervision de la communauté internationale. Le document signé 2015 entre le gouvernement malien et des groupes armés est périodiquement évalué d’une part par les Nations unies et d’autre part par le Centre Carter.  Ces structures, dans leurs derniers rapports, sont partagées sur certaines informations relatives notamment au processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR).

Selon le rapport de l’ONU, entre février et octobre 2018, quelque 36 000 combattants ont été préenregistrés par la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion, dont environ 17 000, d’après les estimations, pourraient remplir les critères requis, relatifs à la possession d’armes, pour participer au processus accéléré de désarmement, de démobilisation, de réinsertion et d’intégration ou au Programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion.

A contrario, le Centre Carter dans son 3e rapport affirme qu’en 2018, les mouvements ont enfin accepté de faire enregistrer leurs combattants, permettant à la Commission nationale de Désarmement, démobilisation et réinsertion (CN-DDR) de recenser environ 32 908 personnes potentiellement éligibles pour le processus de DDR.

C’est le même constant quant à la mise en œuvre de l’effectivité du Mécanisme opérationnel de coordination chargé de la sécurisation de certaines parties des régions nord du pays. Cette unité doit être composée essentiellement par les forces armées maliennes et des éléments des mouvements armés signataire de l’Accord pour la paix.

Dans le cadre de cette mission, les bataillons du MOC sont actuellement installés à Gao, Kidal et Tombouctou et leurs personnels attendent d’être intégrés dans les forces armées nationales à la faveur d’un « DDR accélérée » lancé en novembre. Les observateurs indépendants et des experts de l’ONU estiment que la création de ces bataillons est un grand pas pour renforcer la confiance entre les différentes parties. Mais, ils sont divergents sur l’opérationnalisation de ces bataillons.

Si le Centre Carter apprécie les efforts fournis dans ce domaine, il reste cependant de grands défis à relever. « Le MOC est encore loin de conduire des patrouilles mixtes pour assurer la sécurité des populations », relève-t-on dans le 3e rapport du Centre Carter. L’une des raisons de ce blocage, indique le Centre Carter,  est due en grande partie aux carences d’équipement à cause du refus des mouvements signataires, surtout la CMA, à remettre les véhicules et les armes lourdes ou aux retards du Gouvernement à assurer un versement régulier des primes et à fournir les tenues militaire, sans négliger l’absence de la ferme volonté des parties de mener cet engagement collectif à bon port.

A l’inverse, le rapport de l’ONU prend en contre-pied celui du Centre Carter en affirmant : « L’opérationnalisation des unités mixtes du Mécanisme s’est poursuivie à Tombouctou, Gao et Kidal, avec des patrouilles à Gao et Tombouctou, jusqu’au début du processus accéléré de désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration, en novembre. »

Hamadoun MAIGA

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