Politique Sécurité

Questions des députés au ministre de la Sécurité après l’attaque du camp militaire de Diouara et le carnage d’Ogossagou

À quoi servent nos hélicoptères et les autres engins de combats acquis à coup de milliards  et fièrement exhibés… ?

 La situation sécuritaire au centre demeure toujours préoccupante au regard de la recrudescence des attaques, entraînant ainsi des morts et des dommages. Pour informer l’opinion publique nationale et internationale lors des travaux de la session parlementaire du mois d’avril de la représentation nationale,  le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile,  le général  Salif  Traoré, représentant le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga était le 3 avril dernier, face aux élus de la nation pour faire le point de la situation.

Il faut d’abord rappeler que plus d’une centaine de députés de tous bords politiques étaient présents dans l’Assemblée pour mieux s’imprégner sur les tueries de Dioura et d’Ogossagou.

Cette interpellation du ministre de la Sécurité a porté sur des questions telles que : « A quoi sert la MINUSMA ? Comment nos militaires peuvent-ils se faire tuer par surprise impunément ? À quoi servent nos hélicoptères et les autres engins de combats acquis à coup de milliards  et fièrement exhibés ? Quel est l’impact de la Loi de programmation militaire ? »

L’honorable Mohamed Lamine Wagué de demander au ministre ce que le gouvernement prévoit quant au prochain renouvellement de la mission de la MINUSMA.  L’honorable Bacary Sagara, choqué par le temps mis par nos forces pour intervenir à Dioura a voulu savoir si toutefois nous avons des avions. Un autre élu, Hamady Diakité de qualifier de hâtive, la décision du gouvernement de dissoudre Dana Ambassagou, la milice DOSSO des Dogons.

Certains députés voulaient surtout que le Premier ministre soit présent en personne pour faire le point sur les promesses qu’il a faites en janvier, lors de son interpellation. C’est le cas notamment du député Mohamed Tounkara de Kita. Ce dernier très remonté est allé jusqu’à inviter ses camarades à surseoir à  cette séance pour exiger la présence du PM à une autre session. «  Le PM a fait la promesse ici que d’ici le 30 janvier, que tous les milices seront désarmées. On est en avril. Qu’en est-il ? S’est-il interrogé.

Pendant deux heures,  le ministre de la Sécurité a tenté à travers cet exercice de convaincre les députés. Dans ses interventions,  il a signalé que tous les Maliens sont conscients de la gravité de la situation et que le gouvernement n’a jamais baissé le bras. « Aujourd’hui, c’est plus de 140 civils tués, un peu plus de 400 militaires. Personne n’est indifférent à ce problème » a-t-il déclaré.  Il dira aussi que les chefs militaires sont les premiers peinés par la perte de leurs hommes sur le terrain. « La tâche est immense, mais aucun sacrifice n’est de trop pour faire face à la situation ». Le ministre dans ses réponses a surtout tenu à rappeler aux élus du peuple que d’immenses efforts sont faits chaque jour par le gouvernement pour équiper les forces de défense avant de les envoyer sur le terrain. « Aujourd’hui, nous avons plus de 15 000 hommes déployés de façon permanente sur le terrain pour lutter contre le terrorisme et l’insécurité sous toutes ses formes ».

Contre les allégations qui prétendent que le gouvernement tient pour auteur le groupe Dana Ambassagou des tueries d’Ogossagou, le ministre interpellé a laissé entendre qu’aucun membre du gouvernement n’a pointé du doigt cette milice comme responsable. Il a tenu à préciser que le gouvernement a juste retiré le récépissé qu’il a avait donné à Dana Ambassagou qui s’est transformé par la suite en groupe armé. Il a souligné qu’une grande opération est en cours pour désarmer tous ceux qui n’ont pas le droit de porter des armes. « Le gouvernement ne sous traite pas sa sécurité. D’ailleurs, une grande opération est en cours pour désarmer tous ceux qui se sont armés en l’absence de l’Etat » a  expliqué Salif Traoré.  Le Général de division a expliqué que le plan de sécurisation en cours n’est pas que militaire. « Le tout militaire ne résout pas le problème de l’insécurité. Nous menons également sur le terrain, des actions humanitaires et de développement.»

Le général Salif Traoré a expliqué aux élus que le gouvernement à lui seul ne peut pas résoudre le problème de sécurité. C’est pourquoi il a salué les propos d’apaisement de certains députés qui ont demandé au gouvernement de ne pas se contenter de retirer les armes à une seule milice, mais de désarmer tous les porteurs illégaux d’armes en territoire malien. Il a invité ses interpellateurs à faire beaucoup attention à ne pas tomber dans le piège des ennemis qui consiste à nous mettre dos à dos. « Chacun de vous peut être un messager de la paix dans son fief.

Alasko

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