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ISLAM ET TERRORISME : IBK appelle à tracer une ligne rouge entre l’islam et le terrorisme

A la suite d’un consensus (Soufi Bilal Diallo a retiré sa candidature en sa faveur), Chérif Ousmane Madani Haïdara a été élu nouveau président du Haut Conseil Islamique (HCI) le dimanche 21 avril 2019. Il succède ainsi à l’Imam Mahmoud Dicko (qui n’était pas candidat à sa succession) pour un mandat de 5 ans. En dehors de cette élection, on retiendra surtout le discours prononcé par le président Ibrahim Boubacar Kéita à la cérémonie d’ouverture du samedi 20 avril 2019.

Le président Ibrahim Boubacar Kéita a appelé aujourd’hui les organisations musulmanes maliennes a tracé une ligne rouge entre l’islam et le terrorisme. C’était dans son discours d’ouverture du 3e congrès du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), le samedi 20 avril 2019. Il a aussi plaidé pour «un Mali de complémentarité et d’unité dans la diversité pour l’ensemble national».

«Il nous faut cependant nous arrêter pour nous interroger sur ce qui nous arrive au Sahel, particulièrement au Mali. Je veux parler de l’islam intolérant et sectaire, si cela est encore digne d’être appelé Islam», a souhaité le président Kéita.

Une mauvaise compréhension de cette religion qui «crée l’insécurité, la désolation et hélas trop souvent la mort chez nous. Des imams exécutés parce qu’ils rejettent l’extrémisme qui dénature leur religion ; des femmes fouettées parce qu’elles ne portent pas le voile ; des enfants privés de leur ballon de football au nom de leur charia», a dénoncé Ibrahim Boubacar Kéita.

Et de rappeler que «cela n’est pas l’islam que cette terre a connu de Tombouctou au Wagadou, du Songhoy au Macina…». D’où la nécessité pour les musulmans du Mali de condamner d’une «voix unanime» et d’agir «d’un même élan» cette déviation. Et cela à «l’image de l’un de nos voisins (Algérie) hier victime du salafisme armé, mais aujourd’hui revenu à un islam de tolérance et d’amour grâce à l’action militante et concertée de tous ses ulémas», a préconisé le chef de l’Etat malien.

«Entendons-nous sur les lignes rouges, ce qu’on peut faire à un musulman, mais aussi ce qu’un musulman peut faire à son prochain. Faisons-le au plus vite, car nos populations vivent sous le joug du terrorisme ; nos forains et nos militaires sautent sur les mines ; nos ethnies vivant jadis dans la cordialité commencent à se livrer la guerre», a-t-il alerté.

Toutefois, a-t-il déclaré, «la réponse sécuritaire est indispensable et l’Etat ne se dérobera pas». Mais, a souligné le président Kéita, le Haut le Conseil Islamique, conformément à sa vocation, «peut prendre les devants et la parole au profit de l’islam, dans l’intérêt des musulmans que le pouvoir des fusils désoriente de plus en plus dans certaines parties de notre pays où l’islam n’a jamais été un bras amputé, un corps lapidé mais une main et une porte qui s’ouvrent».

A noter aussi que le président Kéita a tendu la main au président sortant du HCI, Mahmoud Dicko qui avait mobilisé les Maliens le 5 avril 2019 pour exiger le limogeage du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga ou la démission du chef de l’Etat lui-même. «C’est un grand leader qui s’en va. Président sortant, vous restez un frère malgré les divergences qui peuvent arriver, malgré nos fâcheries d’hommes. Un frère sortant n’existe pas chez moi… Et je suis heureux et fier d’être votre frère», a assuré Ibrahim Boubacar Kéita.

Le président malien a été aussi salué et remercié par l’Imam Mahmoud Dicko pour sa constance dans le soutien et l’accompagnement du HCIM et pour la prise en charge intégrale de l’organisation de ce congrès ordinaire.

L’imam Mahmoud Dicko a profité de son intervention pour appeler les musulmans et les participants au congrès à la prière, aux bénédictions pour la paix, à la réconciliation et à la tolérance, à l’unité de tous les fils et toutes les filles du Mali.

Dan  Fodio

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