Editorial

Edito : La République est-elle encore digne de confiance ?

Si chacun des responsables de nos institutions veut plaire au président de la république, sans tenir compte de la loi fondamentale qui définit les relations entre nous tous et entre les autres et nous, alors le pays ira à Casanova.

Platon disait dans la république « lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant les élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois  et les chefs ironisent sur les dieux de la cité et qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux, l’autorité de rien et de personne, alors c’est là en toute beauté en toute jeunesse le début de la tyrannie ».

Aujourd’hui, le Mali est malmené par une série de processus  liés à la mauvaise gouvernance du premier citoyen de la république. Les chefs des deux institutions en charge de guider le gouvernail disent ‘’Tiou’’ et   ‘’Tia’’ à la fois lorsqu’ils sont consultés pour dire la loi. Les cas les plus récents sont la grève des magistrats et le report de la date des élections législatives

Dans le cas des magistrats quelle mouche a piqué le président de la Cour Suprême pour s’immiscer dans une affaire qui ne concerne pas son institution ? Pourquoi la Cour avait déjà émis un premier avis sur le sujet, qui disait que la grève est belle et bien légale ? Pourquoi au lieu de notifier ce premier avis au premier Ministre, Nouhoum TAPILY s’est abstenu de le faire ? Pourquoi a-t-il caché cet avis et aller ensuite organiser un complot sur le dos des magistrats pour dire encore que la grève est illégale et en catimini il notifie cela au premier Ministre et au gouvernement afin qu’un décret soit pris dans ce sens ?

Voilà que le Président de la Cour Suprême ce « dogono » bon teint fait pire que « Dougouti » Manassa Danioko.

Concernant le report  des élections législatives, notre Dougouti Manassa DANIOKO, est allée quémander le poste de président de la Cour Constitutionnelle à Mme KEITA Aminata MAIGA en ployant les genoux, sous prétexte qu’il n’y a plus d’institution de la République dirigée par une femme après le départ de Mariam KAYENTAO dite KEITA. A ce poste, elle dit tout sauf le droit. Elle a même vendu son âme au diable pour dire que le gouvernement peut tenir le référendum constitutionnel au motif que l’insécurité que connait le pays dans sa partie septentrionale et centrale est résiduelle. Cet avis ridicule est intervenu au moment où les 2/3 du territoire échappaient au pouvoir de Bamako. Pire dans ces zones de non-droit il n’y avait aucun administrateur. Les services sociaux de base à savoir centre de santé sont fermés, on dénombre 750 écoles fermées à cause de l’insécurité. Quel déshonneur pour cette Cour et sa présidente. Même les résultats de l’élection présidentielle qui vient de se passer n’ont pas échappé à cet déshonneur,  puis qu’on a parlé de 900 millions FCFA carottés du trésor public au profit de la dite Cour.

Qui pouvait imaginer que les deux présidents de nos deux institutions régulatrices des grandes décisions allaient être les fossoyeurs de notre démocratie ?

Concernant le découpage territorial qui est d’actualité, les populations maliennes pensent qu’il est fait pour détacher  les zones Touaregs, des zones  sédentaires en vue de la création de la future république d’Azawad.

Les hommes politiques qualifient le projet de découpage administratif de bombe à fragmentation, qui n’a rien à voir avec l’accord d’Alger.

Le peuple ne sait pas à quoi serviront des cercles supplémentaires là où les régions supplémentaires elles même n’ont rien apporté

Reconnaissons que l’initiative politique est largement contestée. Nous devons nous dire toujours que la nation est périssable ! Donc faisons attention !

La Rédaction

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