Ministère de la Justice du Mali: Fonction bafouée, Justice souillée !

5 mois ago
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Il y a quelques semaines,  Me Konaté, profitant de la rentrée judiciaire,  flinguait ses subordonnés, notamment les procureurs, en ces termes : Je ne veux plus quun procureur mappelle au téléphone pour prendre une instruction.

Avant ce jour, avec ses propos insultants  à   légard de ses pairs de la justice, nous nous étions  inscrits dans la dynamique détaler sur la place publique tous les actes incompréhensibles du Ministre Konaté. Certains pensaient au début de notre engagement quon luttait pour la simple raison que Konaté avait instruit linterpellation et la mise sous contrôle judiciaire de notre confrère Ras Bath. Loin sen faut. Peu après, nombreux sont ils à comprendre le sens de notre position objective tout en dénonçant les fracas du ministre Bling-bling alias Prouti. En effet, dans la parution du journal Aujourd’hui, le  Samedi 3 décembre, il y était encore cas des bavures du garde des sceaux:  » Le ministre de la justice fait libérer les suspects arrêtés et placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Bamako pour trouble à lordre public  suite à la marche  dirigée contre la maison paternelle de la première dame de la République « .  Dans larticle, notre confrère,  révèle que les prévenus nauront passé que 2 heures au gnouf. Pour cause, le ministre de la Justice, pour des intérêts personnels, peut-être,  a instruit, par téléphone, à son Procureur General,  de faire libérer ses protégés.

Pour Rappel, cest le procureur de la commune II, qui a poursuivi les suspects. Après deux  jours passés en garde à vue au niveau du 3e arrondissement,  le juge dinstruction commis pour enquête a ordonné un mandat de dépôt contre les prévenus et les a envoyés à  Bamakocoura.

Selon le code de procédure Pénale,  pour quun prévenu soit retenu dans une prison,  il faut une décision du juge qui sappelle le mandat ou le jugement. Cest sur la base  de cet acte, que le régisseur de la prison reçoit et garde la personne visée par la décision.  Pour que celle-ci soit libérée, il faut encore une décision de mise en liberté provisoire ou de libération selon qu’il sagisse dun prévenu en entente du jugement  ou dune décision constatant la fin de la peine ou de remise de peine.

Dans le cas des protégés de Konaté, des prévenus, une fois qu’ils ont été présentés au régisseur ou le gardien de prison,  ils ne devaient sortir que suivant une procédure prévue par le code,  notamment adresser une demande de mise en liberté provisoire  au juge dinstruction qui les a placés en détention. Celui-ci  communique cette demande au parquet pour avis ;  lequel avis ne lie pas  le juge qui demeure libre de faire droit ou de la rejeter et accorder la liberté ou le contraire au prévenu. Le parquet, tout comme le prévenu, ont le droit de faire appel de la décision du juge selon quelle soit favorable ou pas.

Les 3  protégés de Konaté  nont pas eu besoin dintroduire une demande auprès du juge dinstruction pour obtenir leur libération. De leur entrée à leur sortie, ça na duré que   2 heures de temps. Ce qui semble mettre Konaté dans tous ses états. Comme un Père sermonne  son enfant qui vient de fauter, Konaté a copieusement sermonné le PG et lui a sommé de faire sortir ses protégés durgence de la prison. Il était presque nuit, le juge dinstruction était déjà rentré chez lui. Le PG a répercuté la volonté de son gourou à qui de pouvoir pour aller défoncer les portes de la prison et faire sortir les protégés.

Le  coup de fil de  Me Prouti,  et la maniabilité de son nounou Malamine Coulibaly, laissent à désirer et jettent un doute capital sur limpartialité de la justice malienne. Par  ailleurs, ce sont des comportements  qui bafouent  la justice, torpillent les lois, souillent  la fonction.

Que navons-nous pas entendus de la bouche de ces 2 nouveaux amis inséparables aux intérêts et moralités liés dans laffaire Ras Bath?
« Létat, le meilleur, est là où lon  s’appuie sur la loi et non sur larbitraire, aimaient à le dire  Me Konaté alias Prouti et son PG. C’ est encore eux qui ont rédigé derrière leur comptoir et fait parvenir les mesures du contrôle judiciaire qui pèsent sur Ras Bath, par Moto, au juge dinstruction Kanouté de la commune 4, dans les locaux de la gendarme de Faladiè, le jour de la comparution de Ras Bath devant le substitut du procureur de la commune 4, lun des fidèles auditeurs de l’émission  cartes sur table. Le procès de Ras Bath, sil y a lieu,  promet des débats intéressants.

« Je ne veux pas dun procureur qui mappelle au téléphone pour prendre des instructions, disait Me Konaté. Il a oublié quil est le premier à faire ce quil est censé interdire aujourdhui !  Donc le langage change selon  les intérêts et les relations.

Me Konaté, dans cette posture, séloigne de toutes les vertus.  Lun des cas  le plus illustratif, cest bien ce quil a dit à Ras Bath le jour de leur entretien: Je te  donne ma parole de grand frère, de tonton et de Ministre de la justice. Personne  ne tarrêtera tant que je suis là,  par ce que tu es un partenaire privilégié et un élément central de ma politique. Une semaine après, on sait ce qui sest passé avec son ex partenaire Ras Bath !

C’est le même Konaté, Ministre de la République quelques semaines plus tard encore appelle  ses subordonnés  de la justice, leur donne instruction  de  libérer ses amis de prison.
Au Mandé de Soundjata les patronymes étaient synonymes de fierté et un  noble défendait  sa parole au risque de sa vie.  A Sikasso de Babemba et Tièba, la mort était préférable  à la honte.
Avec ces comportements, que vaut désormais la parole dun ministre sous  IBK? Sommes-nous  vraiment dans la  République de Gondwana ?
Notre confrère, sur la libération instruite par Me Konaté,  rapporte quun vieux magistrat outré dit que les actes du Ministre décrédibilisent la justice. Que depuis sa nomination au poste de Ministre,   il ne fait que brandir son  pouvoir de mutation des magistrats pour les tenir aux ordres de la justice aveugle. Malheureusement, Konaté a de beaux jours devant lui, connaissant lattachement des magistrats aux postes juteux des tribunaux et cours de Bamako et quelques Capitales régionales. Le juge Kanouté a bien assimilé la leçon à lentame de la procédure de Ras Bath. On espère quil saura, pour son honneur et lhistoire, sassumer pour sortir par la grande porte plutôt que se faire tâché de « Konatologie ».

 

Kèlètigui Danioko

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