Culture

Discours de clôture de Madame N’Diaye Ramatoulaye Diallo, à l’issue des Journées Nationales du Patrimoine Culturel Édition 2014

  • Monsieur le Premier ministre,
  • Mesdames et Messieurs les Ministres ;
  • Monsieur le Président de la Commission Education et Culture de l’Assemblée Nationale ;
  • Monsieur le Président du Haut Conseil des Collectivités ;
  • Monsieur le Président du Conseil Economique, Social et Culturel ;
  • Monsieur le Représentant et Directeur du Bureau UNESCO de Bamako ;
  • Messieurs les Directeurs des services centraux, rattachés et personnalisés ;
  • Monsieur le Président de l’Association des Municipalités du Mali ;
  • Messieurs les Représentants des partenaires techniques et financiers ;
  • Honorables invités ;
  • chers participants ;

Mesdames et Messieurs,

Je suis tentée de commencer cette allocution par des formules connues et consacrées, je suis même tentée de vous lire un discours construit sur une architecture de base reprenant les grandes lignes de vos travaux. Mais parler du patrimoine culturel, c’est comprendre qu’il faut rompre avec les formules, c’est accepter de quitter l’école pour aller à l’école.

Je viens aujourd’hui, après les vœux de plein succès à vos travaux émis par le Premier ministre, je viens, disais-je, me mettre à votre école. Quels enseignements tirer de cette thématique principale qui souhaitait établir les connexions entre la culture, au travers du patrimoine culturel, et la décentralisation ?
En choisissant comme thème : « Patrimoine culturel, décentralisation et développement local au Mali : enjeux du patrimoine culturel dans le processus du développement des collectivités territoriales », le Ministère de la culture a souhaité mettre le doigt sur deux problèmes majeurs, qui sont aujourd’hui au cœur de l’action de mon département : le premier étant la sauvegarde, la protection et la promotion de notre riche et unique patrimoine et le second ayant trait aux voies et moyens de mettre la culture au service du développement économique, du développement social et surtout du développement humain.

Ce dernier axe justifie amplement et légitime, si besoin en était, l’organisation de ces journées nationales du patrimoine culturel au profit, avant tout, de la population malienne. Quelle ne fut mon émoi de percevoir ces jeunes étudiants et ces élèves découvrant l’exposition, le regard gourmand de connaissance.

Mesdames et messieurs,

A la suite du Premier ministre, chef du gouvernement, il m’est une répétition heureuse que de dire que le Mali possède un patrimoine culturel riche et varié, hérité d’établissements humains séculaires sur son sol. Et il m’est malheureux de constater, à se suite, que ce patrimoine culturel riche et varié, au-delà des destructions qu’il a récemment subies dans le septentrion du Mali, est bien mis en péril en raison de facteurs endogènes et exogènes qui ont longuement fait l’objet de vos débats d’idées.
Vous conviendrez avec moi que la conclusion qui sied à vos travaux est bien que notre patrimoine naturel se meurt parce que le patrimoine que constitue l’espace territorial est mal géré. Les territoires urbains et ruraux des collectivités territoriales subissent une extension avec un rythme de croissance très élevé constaté dans nos villes essentiellement. Ceci constitue un sérieux défi pour l’Etat et les collectivités locales et dans cette perspective de transformation accélérée, une des questions sera la préservation des valeurs historiques et patrimoniales des centres ruraux et urbains existants et la conservation de leurs identités qui participe à la culture identitaire d’une société.

J’ai noté avec satisfaction la qualité des intervenants, du Ministre Samassekou au Ministre Ousmane Sy, que je salue pour le temps qu’il a bien voulu nous accorder, en passant par les experts Toé et Sanogo.

Comment faire en sorte que l’espace communal, considéré comme le niveau stratégique de base pour l’appui au développement local et comme cadre de référence opérationnel pour les projets et programmes de développement puissent garder toutes ses traces : lieux de mémoire, sites historiques, toponymie, mythes fondateurs, etc. ?

  • Comment mieux protéger le patrimoine culturel national (patrimoine culturel matériel et immatériel), y compris les données socioculturelles locales, au niveau des collectivités décentralisées ?
  • Quels types d’initiatives une collectivité décentralisée peut-elle prendre du point de vue institutionnel et réglementaire pour faire en sorte que le patrimoine culturel soit davantage perçu comme un levier du développement local ?
  • Quels types d’outils financiers et techniques doit-on mettre en place pour accompagner les opérations de développement local tenant compte du patrimoine culturel ?
  • Quelles compétences et quelles ressources faut-il transférer aux collectivités locales décentralisées pour leur permettre de faire face aux problèmes de conservation et de promotion de leur patrimoine ?
  • Existe-t-il des risques de conflits de compétence entre les collectivités locales et les services déconcentrés en matière de protection et de promotion du patrimoine culturel ?

En posant ces interrogations fortes, j’ai eu foi en des échanges riches, des débats de nature à répondre aux questionnements qui sous tendaient le choix de la thématiqueµ. Il me plait de rappeler que le patrimoine culturel et naturel des collectivités territoriales, dans ses éléments matériels et immatériels, participe au développement économique ainsi qu’à la cohésion sociale. L’approche centrée sur le paysage considère la diversité et la créativité culturelles comme des atouts essentiels pour le développement humain, social et économique, et offre des outils pour gérer les transformations physiques et sociales et faire en sorte que les interventions contemporaines s’intègrent au patrimoine de façon harmonieuse dans un cadre historique et territorial local et régional. L’approche centrée sur le paysage urbain ou rural s’inspire des traditions et conceptions des communautés locales tout en respectant les valeurs des communautés locales.

Si l’engagement de l’État demeure fondamental d’œuvrer à une décentralisation réussie, il va s’en dire que c’est à l’échelle locale que doit s’articuler les politiques de conservation, de gestion et de promotion du patrimoine culturel et naturel. Et dans ce cadre, ces deux jours d’échanges ont dégagé des recommandations fortes que nous devons prendre impérativement en compte. D’ores et déjà, vos recommandations constitueront le socle de préparation d’une mission prochaine à Doha portant sur les manuscrits, un pan de notre riche patrimoine.

Mesdames, Messieurs

Le patrimoine culturel malien est riche et riche d’enseignement. Le concept de décentralisation est riche et riche en pistes de développement à la base. Solliciter une réflexion sur les enjeux de connexion de ces deux socles du progrès tant attendu, c’est ouvrir les classes de l’espoir quant au développement endogène. La fin de vos travaux ne signifie en rien que nous fermons les portes de ces classes de l’espoir.

En souhaitant à la réflexion de suivre son cours, je déclare clos ces journées nationales du Patrimoine Culturel.

Je vous remercie.

FARAFI NET

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