Santé et Médecine

PRISE EN CHARGE DE LA TUBERCULOSE : Des malades préoccupés par la rupture dans l’approvisionnement en médicaments à Sikasso

Au Mali, la tuberculose demeure un problème de santé publique avec une incidence estimée à 57 cas pour 1000 et 10000 cas nouveaux sont attendus. Déjà, 7038 cas de tuberculose toutes formes confondues ont été notifiés en 2016 contre 4407 cas en 2015. Mais, les acquis de ces dernières années sont menacés par la rupture du traitement (Rifampicin  Isoniazid Pyrazinamide  Ethambutol Hydrochloride Tablets USP) constatés dans de des centres de santé, notamment dans la région de Sikasso, selon des témoignages des malades.


La  victoire sur cette maladie ne doit pas reposer seulement sur le changement des comportements, mais également sur une prise en charge efficiente dans des cas détectés.

«Vous les hommes des médias, il faut que vous nous aidez à alerter les autorités maliennes. Nous déplorons une rupture du médicament contre la tuberculose. On est en rupture totale à Sikasso il y a de cela une semaine» ! C’est ainsi qu’un malade nous a alerté il y a quelques jours depuis la capitale du Kénédougou.

«Les effets de cette rupture sont dramatiques, notamment pour nous qui sommes presqu’au terme du long traitement», avait-il ajouté dissimulant à peine sa crainte d’une rechute si la rupture se prolongeait. Et selon nos investigations, il n’est pas malheureusement le seul à nourrir la même crainte.

La prise en charge de la tuberculose est gratuite dans notre pays à cause de la cherté des médicaments. D’après certaine sources, la boîte du Rifampicin  Isoniazid Pyrazinamide  Ethambutol Hydrochloride Tablets USP (comprimés contre la tuberculose) coûterait près de 30 000 F CFA. Alors que c’est un médicament qu’il faut prendre régulièrement pendant au moins 4 mois.

C’est dire que les efforts de l’Etat sont louables dans la prise en charge de la tuberculose dans notre pays. Mais, il ne faut pas baisser les bras (rupture de médicaments) au moment où notre pays a réalisé des résultats encourageants contre cette maladie classée comme un problème de santé publique.

En effet, en 2016, le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) avait notifié 7038 cas de tuberculoses toutes formes confondues pour un taux de détection de 66 % et un taux de succès au traitement pour la cohorte de 2015 à 76 %.

Ces résultats, bien qu’en deçà des objectifs fixés par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) qui sont respectivement de 70 % et 85 %. Mais, à l’occasion de la Journée mondiale célébrée le 24 mars 2018, les professionnels de la santé avaient reconnue que le taux de victimes est en diminution. Toutefois, l’État et ses partenaires doivent accentuer leurs efforts pour la prise en charge gratuite des patients et éviter la propagation de la maladie.

Ainsi, malgré les progrès enregistrés dans la lutte, beaucoup reste à faire. Le Mali a mené plusieurs activités pour lutter contre la maladie comme l’approvisionnement régulier des structures sanitaires en médicaments antituberculeux, en réactifs et consommables médicaux, l’élaboration du schéma court de prise en charge de la tuberculose multi résistante, la poursuite de la décentralisation des activités de lutte contre la tuberculose.

Le ministre de la Santé et de l’Hygiène avait misé, à l’occasion de l’édition 2018 de la Journée mondiale contre la tuberculose, sur la signature des conventions pour la mobilisation des nouvelles subventions tuberculose/Vih pour la période 2018-2020. Cela devait contribuer de façon notoire à l’atteinte des objectifs du programme.

La tuberculose reste la première cause de mortalité liée aux maladies infectieuses dans le monde. En 2016, environ 10,4 millions de personnes ont contracté cette maladie et 1,7 million en sont mortes. Parmi ces victimes, 0,4 million ont eu coïnfection avec le VIH. La tuberculose représente aussi la 9e cause de décès dans le monde, toutes pathologies confondues.

Pour réduire la transmission de la maladie au sein de la population malienne, le Programme national de lutte contre la Tuberculose (PNLT) a élaboré un Plan stratégique national de lutte2015-2019. Ce plan préconise un changement positif de comportement en faveur du dépistage précoce de la maladie chez l’enfant.

En outre, il offre aussi des opportunités pour apporter les connaissances nécessaires à la population malienne en vue de rehausser le taux de dépistage et de sensibiliser les communautés sur la détection précoce des cas présumés de tuberculose.

Aujourd’hui, décideurs, parlementaires, PTF (Partenaires techniques et financiers) peuvent impulser des plans ambitieux et des cadres pour mettre en application les stratégies assorties de délais qui vont accélérer les performances au niveau national en vue d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et les cibles de la stratégie de l’OMS.

Moussa Bolly

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