Culture

Crise au BURIDA – Départ du DG│Les artistes de Côte d’Ivoire lancent un ultimatum au ministre de la Culture Maurice Bandaman

Huit ans que les artistes de Côte d’Ivoire aujourd’hui réunis au sein Collectif des artistes pour le changement au Burida (Cacb) dénoncent la signature unique de la directrice générale du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida), Irène Vieira, au détriment du Président du conseil d’administration. Depuis dix mois, les sociétaires du Burida ayant découvert une “malversation” de la directrice générale, demandent que soient appliqués les articles 37 et 38 des textes qui régissent le Burida. Madame Vieira, toujours dans son fauteuil, le Cacb – par l’entremise des artistes Fadal Dey, Diallo Ticouaï Vincent et Dent de Man (Singo Suzanne), ont dilligenté un audit du Burida auprès du Cabinet Mazars, cela au prix de 53 millions de Fcfa.

Sit-in annoncés pour le départ du DG du Burida

Irène VIEIRA, DG du BURIDA

“Si d’ici une semaine, Madame Vieira ne part pas du Burida, si le ministre Maurice Bandaman ne prend pas ses responsabilités, nous allons reprendre nos sit-in illimités”, a lancé le 16 juillet à la Maison de la Presse, à Abidjan-Plateau, l’artiste-chanteur Fadal Dey, président du Collectif des artistes pour le changement au Burida (Cacb).
Appelant le ministre de la culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman, à surseoir à la conférence qu’il a prévue dans l’après midi du 16 juillet 2016, à la Bibliothèque nationale au Plateau, pour donner lecture du résumé de l’audit commandité par le Cacb, Fadal Dey s’est inquièté de ce que ce procédé ne soit “équitable”. Invitant les artistes à ne pas prendre part à la dite conférence, le président du Cacb conseille que ce soit le Cabinet Mazars qui restitue dans son entièreté les conclusions de l’audit, disponible depuis deux mois. De ce boycott de la conférence, l’artiste Stezo L’Imperial déplore que “deux groupes d’artistes” ont été constitués pour casser la lutte du Cacb.

“L’audit du Burida a pris 6 mois au Cabinet Mazars qui l’a transmis à l’inspection générale de Côte d’Ivoire. Cette dernière nous a reçu. Il est prévu que les conclusions soient remises au Président de la République et au Premier ministre. Mais, l’audit est encore aux mains de Ahoua N’doli (Inspecteur génral d’Etat). Nous ne comprenons pas pourquoi subitement le ministre Bandaman nous convie à une réunion pour procéder à la lecture du résumé de l’audit! On ne peut accepter qu’on nous tourne en rond tout ce temps. Nous savons que l’audit de Mazars est très bon. Aujourd’hui, nous avons la confirmation de la malversation de Madame qui n’est pas à son premier audit à la tête du Burida”, a indiqué Fadal Dey qui en appelle à l’Etat de Côte d’Ivoire.

BURIDA, un “Droit” d’Etat !

Maurice Bandaman, Ministre de la Culture et de la Francophonie

“Nous lançons un appel à l’aide au Président de la République et Premier ministre. Cette situation a trop duré et ne fait pas honneur au pays”, a-t-il plaidé. “Guidé par la vérité”, Fadal Dey a tenu à lever toute équivoque: “Aucun homme politique n’est derrière nous”. La lutte pour ce qu’appelle le Cacb “la libération du Burida” ayant pu prendre certaines proportions, le président du Cacb fait une mise au point : “Les artistes ne sont pas contre les institutions de Côte d’Ivoire. Ils ne sont pas contre le pouvoir du Président Ouattara, ni contre le gouvernement du premier ministre Gbon Coulibaly. Nous ne faisons pas de politique”.

Lecture faite du manque de solutions jusque-là pour mettre fin à la crise du Burida, les artistes sont unanimes que le maintien de la directrice Irène Vieira, malgré ses “fautes lourdes” constatées, résulte de la volonté du ministre de la Culture et de la Francophonie.
Expliquant de ce fait le bien fondé de la lutte du Cacb, son président suggère “qu’on [en] éloigne la politique”. “C’est une affaire de droits de l’homme, argumente-t-il. Nous nous battons pour qu’on n’attribut pas des droits pas des droits d’auteurs humiliants aux artistes”. De l’avis de Stezo, artiste, producteur et auteur compositeur, dans cette lutte que mènent le Cacb, “nous sommes incompris. Nous ne sommes pas des loubards et des bandits”.

[ Burida : Ce que disent les articles 37 et 38 ]

DÉCRET n° 2015-271 du 22 avril 2015 fixant les attributions, l’organisation et le fonctionnement du Bureau ivoirien du Droit d’Auteur (BURIDA):
Art. 37 : ­ En cas de faute lourde dûment constatée, le ministre chargé de la Culture peut, sur proposition du conseil d’administration, prendre une décision mettant fin aux fonctions du directeur général.
Art. 38 : Si pour quelque raison que ce soit le directeur général est dans l’incapacité d’exercer ses fonctions, le conseil d’administration procède à la nomination d’un intérimaire parmi les directeurs techniques du BURIDA, pour une période maximum de quatre-vingt-dix jours.

Koné SAYDOO

Saydoo KONE

Freelance│Journaliste Culturel│Consultant Media│Administrateur de Site│Artist-Manager
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