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LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET LA DÉLINQUANCE FINANCIÈRE : le maire du district de Bamako Adama Sangaré et compagnie jetés en prison !

Pour des faits gravissimes, le maire Adama Sangaré est enfin alpagué par la justice. Il est accompagné de plusieurs de ses complices.

Depuis le mardi 22 octobre 2019 le maire du District de Bamako, Adama Sangaré, Sékou Alpha Djiteye (Dg d’alors de EDM-SA), Amadou Lamine Gaye (directeur financier d’alors de EDM-SA), Mohamed Oumar Traoré (Dg de la société ESOT) et Mme Mafili Koné, chef d’alors du service hydrocarbures de EDM-SA croupissent en prison. Leur interpellation rentre dans le cadre de la lutte contre la corruption et la délinquance financière lancée par le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la commune III du District de Bamako, chargé du Pôle économique et financier de Bamako, Mahamadou Kassogué.

Pour lever toute équivoque sur l’arrestation de ces personnalités, le Procureur Kassogué s’est fendu d’un communiqué qui donne des éclaircissements sur l’inculpation d’Adama Sangaré et compagnie. Ils sont accusés de : « l’établissement d’une fausse attestation d’exécution complète des travaux, dont le taux d’exécution n’était alors que de 68 % ; le paiement intégral du montant global du marché sur la base de faux documents et en violation des procédures d’exécution des dépenses publiques ; l’attribution, sur la base d’entente directe, de marché dont les montants dépassaient largement le seuil de passation ; le paiement irrégulier des montants dus au titre de Déclaration d’enlèvements directs (D24) sans s’assurer de leur apurement ; le recours aux ACHATS SPOTS dans des conditions manifestement irrégulières ; le détournement à d’autres fins, par certains fournisseurs, d’importantes quantités d’hydrocarbures exonérées de droits et taxes et exclusivement destinées à EDM-SA. »

Le communiqué explique que, les griefs énumérés ci-dessus font un préjudice provisoire de l’ordre de 900 millions de franc CFA. Toute chose qui établissent des présomptions suffisantes pour retenir les infractions de faux, usage de faux, atteinte aux biens publics, délit de favoritisme, abus de confiance et complicité desdites infractions à l’encontre de Sékou Alpha Djiteye (Dg d’alors de EDM-SA, Adama Sangaré (maire central du District), Amadou Lamine Gaye (directeur financier d’alors de EDM-SA), Mohamed Oumar Traoré (Dg de la société ESOT) et Mme Mafili Koné, chef d’alors du service hydrocarbures de EDM-Sa.

En 2011, votre journal avait dénoncé les spéculations foncières du maire Adama Sangaré à travers deux articles : «Adama Sangaré : maire ou voyou ?», «Adama Sangaré : interpellé par la justice, un coup de fil de Koulouba le libère». Même s’il bénéficie de la présomption d’innocence, il apparait clairement comme étant l’un des plus grands poissons dans le filet du juge Kassogué dans sa lutte contre la corruption et la délinquance financière.

Aussi grossière que cela puisse paraitre, une certaine presse dénonce, sans honte, ce qu’elle appelle une justice sélective, les juges apparemment ne se reprochent rien. Ils disent commencer par le commencement. Cela est d’autant plus vrai que l’affaire qui rattrape Adama Sangaré date de 2010. Impliqué dans plusieurs affaires scabreuses de spéculations foncières, il avait échappé à la justice à cause de sa proximité avec le président Amadou Toumani Touré qui avait alors visiblement juré de ne pas lutter contre la corruption et la délinquance financière sous son règne car ne voulant pas «humilier des pères de famille» !

Hachi Cissé

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