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Mali – Gouvernement incapable de décaisser les fonds mis à sa disposition dans le cadre du Budget spécial d’investissement (BSI).

Dans un pays sérieux, les députés auraient déposé une motion de censure contre le Gouvernement malien. La raison : incroyable mais vrai. Notre Gouvernement est incapable de faire décaisser les fonds mis à la disposition de notre pays dans le cadre du Budget spécial d’investissement (BSI). C’est la principale information révélée lors du vote par l’Assemblée nationale de la loi de finances rectificative 2019, adoptée par les députés le samedi 5 octobre dernier.

Il est ressorti du rapport de la Commission des finances une diminution du BSI dans le Collectif budgétaire 2019. D’un montant de 319,335 milliards F CFA dans le budget initial, les crédits de paiement des dépenses du BSI, financement extérieur, passent à 236,112 milliards F CFA dans le budget rectifié. Tenez-vous bien. L’une des raisons de cette réduction, c’est la baisse de 94 milliards F CFA de financement extérieur des projets inscrits dans le BSI, imputable au faible niveau de décaissement que le Mali a accusé au 31 mai 2019 sur ces fonds. Cette situation est la preuve de l’incompétence crasse du Gouvernement malien à mobiliser les ressources mises à sa disposition pour financer le développement du pays. Cela est inadmissible pour un pays comme le nôtre qui en a tant besoin ces derniers temps. Selon le rapport de la Commission des finances, le BSI est la partie la plus importante du budget. C’est elle qui bénéficie directement aux populations. En ce sens que ce sont des investissements qui ont un impact sur la vie des populations. Est-ce à dire que notre Gouvernement s’en fiche mal du bien-être des populations maliennes ? Nous osons croire que non. Dans tous les cas, cette réduction du BSI a engendré une baisse au niveau du budget du ministère des Infrastructures et l’Equipement pour un montant de 26,400 milliards F CFA. Comment peut-on expliquer cela par les temps que le Mali vit?

En effet, il y a seulement quelques semaines, notre pays était face à un mouvement de révolte et de contestation populaire pour réclamer les bonnes routes un peu partout sur le territoire. Pire, certains projets routiers sont à l’arrêt et d’autres peinent à démarrer faute de financement. L’on se rappelle encore la promesse faite devant les caméras de l’ORTM par le ministre Traoré Seynabou Diop de lancer les travaux de réhabilitation et d’aménagement du tronçon Tour de l’Afrique-Yirimadjo le 3 octobre 2018.  Nous sommes aujourd’hui le 10 octobre 2019. Mais hélas ! Rien n’a été fait depuis cette promesse. Au lieu du démarrage des travaux de réalisation, cette voie fait l’objet d’un éternel entretien. Comme si c’était la chasse gardée d’une entreprise qui, régulièrement, se la coule douce. Tout ce que les gens ont  constaté, c’est le passage de certaines équipes de levée topographique. Aujourd’hui, ce tronçon est méconnaissable en raison de la dégradation du goudron. Qui a poussé le ministre à prendre cette fausse promesse, alors qu’elle n’arrive pas à mobiliser les ressources qui dorment dans les banques? Autre route encore, depuis 2017, la réalisation de la voie menant le 3e Pont à la route de Ségou est prévue dans le budget, mais elle n’a jamais vu le jour. La route de Kayes est impraticable depuis trois ans ; elle n’a jamais pu être réalisée. Il a fallu la mobilisation des jeunes de Kayes et de Kati pour voir un semblant de démarrage des travaux. Pire, le nord de notre pays est coupé du sud à cause de l’état de dégradation de la route. Aujourd’hui, pour rallier Gao, les gens sont obligés de passer par le Niger et le Burkina Faso. Quelle honte ! Les colonnes d’un journal ne suffiront pour noter toutes les routes maliennes réalisées faute de financement.

Aujourd’hui, le Premier ministre qui assure le poste de ministre des Finances est plus qu’interpellé. S’il y a des gens qui n’ont pas fait leur boulot, des sanctions doivent tomber. Car, le Mali ne peut pas continuer ad vitam aeternam à perdre des financements importants. On se rappelle encore qu’en 2018, par la faute de certains agents de l’Etat, notre pays a perdu un financement de la BAD pour un montant de 25 milliards F CFA pour un projet d’assainissement de la ville de Bamako. A l’époque, cette affaire avait provoqué un tollé dans notre pays. Voilà que nous venons de perdre encore des financements dédiés à notre pays. Même si devant la représentation nationale, la ministre déléguée chargée du Budget a soutenu que ces financements n’étaient pas perdus pour notre pays. En effet, face aux députés, elle a soutenu que c’est juste un décalage. Mais dans tous les cas, le mal est fait et le Mali souffre déjà beaucoup du manque de fonds pour financer son développement.

Youssouf Diallo

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